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Communauté de Terre Noire

#1 01-10-2017 22:19:33

Lord Hogarth
RPiste
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Étancher sa soif...

Le grincement des chaines rouillées qui balançaient l'enseigne de bois accrochée, tintaient dans ses oreilles, tel un rappel des sons que produisent l'entrechoquement de deux lames d'acier. Un rappel de la guerre qui venait de se dérouler il y a peu encore, et lui remémorait de bien mauvais souvenirs. Les travaux avaient bien commencés et ses paysans encore en vie, après cette lutte acharnée contre l'envahisseur sphoniste, travaillaient d'arrache pied pour rebâtir le domaine. Le sieur Hogarth descendit de son nouveau destrier, l'ancien ayant été mis à la retraite forcée, de par son âge avancé, et avança vers la porte de la taverne. Il pencha la tête pour percevoir si un son sortait de celle-ci car il n'était pas d'humeur à festoyer... d'ailleurs qu'y aurait-il pu avoir à festoyer... rien... la désolation, le chaos. Il voulait juste s'abreuver d'une cervoise fraîche, s'il y en avait encore après le raid des illuminés thanatiques. Il ouvra la porte et entra. Il jeta un rapide coup d'oeil dans la pièce... elle était vide. Il se relaxa voyant cela et se dirigea vers le comptoir illuminé par deux bougies à chaque coin. Il prit un siège et repoussa en arrière la garde de son épée pour ne pas que celle-ci le gêna.

Un petit homme, rondouillard, sortit de derrière le comptoir, comme si il venait de sortir de terre. L'entrée de sa cave devait se trouver au sol derrière le comptoir. Cela était plutôt rassurant. Ces chiens thanatiques n'avaient peut-être pas trouvé cette endroit et il resterai un peu de la bonne cervoise en fût de chêne.

- Houlà mon seigneur... vous m'avez fait peur ! sursauta le tavernier.
- Je ne vous avez pas entendu... il regarda l'homme en face de lui, avachit sur son comptoir... l'air morose.
- Que puis-je vous servir mon seigneur ?

Hogarth leva la tête vers lui et essaya de forcer un peu son allure en voyant l'air inquisiteur du tavernier qui devait se poser des questions.

- Auriez-vous encore de la cervoise en fût de chêne ou ces chiens de Sphonistes ont tout pillé ?

Le tavernier sourit. Il voyait bien que l'homme en face de lui avait besoin d'un bon remontant et il avait justement ce qu'il lui fallait.

- Ne vous inquiétez pas mon seigneur, ils n'ont pas trouvé cet endroit. Je l'avais recouvert d'un faux plancher de planches pour ne pas qu'il se doute que j'avais une réserve ailleurs qu'à l'arrière du cloître.

Son visage s'illumina un peu. "Enfin une bonne nouvelle" se dit-it.

- Servez-moi dans ce cas. Y a une éternité que je n'ai pas goûté à ce breuvage et ça me manque.

Le tavernier sourit à nouveau.

- Avec plaisir mon seigneur.

Une fois servit, Hogarth descendit sa chope de fer blanc d'une traite.

- Resservez-moi une autre je vous prie.

pendant que le tavernier le servait, il fixait la bière qui coulait dans sa chope en pensant au travail qu'il restait encore à accomplir pour redresser son fief et lui rendre sa gloire passée. Il resta là assis en buvant sa cervoise fraîche, sans aucune âme autour de lui. Il apprécia ce moment passé seul, avec pour seule compagnie le petit rondouillard, et se délecta de ce silence qui régnait, tout en continuant de déguster son breuvage.

Dernière modification par Lord Hogarth (01-10-2017 22:21:49)


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#2 02-10-2017 14:08:36

Lord Hogarth
RPiste
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Re : Étancher sa soif...


...Et voilà... s'en était fini de la solitude tant recherché par Hogarth. Il fallut que d'autres viennent aussi. Un homme dont il reconnaissait le visage pour l'avoir entre-aperçu au sein de la citadelle indépendantistes, le salua. Malgré sa fatigue et son désarroi, l'homme qui venait d'arriver avec ses serfs faisait partie de sa maison... Il contorsionna son visage afin de tenter de dégager un sourire en coin envers ce seigneur indépendantistes. puis lui fit un signe de la tête sans mots dire et se retourna à nouveau sur sa chaise pour faire face au rondouillard. Il réfléchit un instant puis s'adressa au tavernier.

- Il y a toujours autant de monde qui vient dans votre taverne ?

Le tavernier était en train d'épousseter ses étagères afin d'y ranger ses chopes. il se tourna avec un grand sourire... au départ. Mais en voyant l'air froid du sieur Hogarth, il comprit que ce n'était pas une bonne chose en réalité. Il prit un instant de réflexion puis répondit à Hogarth.

- Pour le bien de mes finances, le soir en effet mon seigneur. Mais si vous souhaitez plus de tranquillité,  en journée, il y a peu de monde voir presque personne

Hogarth fût surpris par l'aplomb du tavernier qui avait vite compris ce qu'il voulait entendre. Il commençait à apprécier le petit bonhomme derrière son comptoir qui était, de prime à bord, bien plus mâlin qu'il n'en avait l'air

Hogarth se leva et paya le tavernier en le remerciant et en passant devant le Seigneur Ban, le salua également d'un hochement de tête avant de refermer la porte du cloaque derrière lu et s'en retourna avec son jeune destrier fougueux vers sa demeure pour y gagner un repos bien méritéi.

Dernière modification par Lord Hogarth (02-10-2017 14:10:40)


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#3 05-10-2017 13:43:47

Dagda
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Re : Étancher sa soif...

la mesquinerie du tavernier était connue, peu de personnes en journée disait-il ? la présence d'une poignée de soldats accompagnées de baladins rencontrés en chemin contredisait les affirmations du petit bonhomme. C'est en effet vers midi que rentra dans la taverne cette troupe hétéroclite composée tout au plus d'une quinzaine de personnes. Au centre de l'attention un homme à la barbe fournie avait les traits burinés par le temps.
Malgré l'absence de client, le tavernier voyait d'un sale oeil le débarquement de cet attroupement dans son échoppe.

"la maison de sert pas ce midi aux voyageurs"

le barbu se détourna du foyer où une flambée de tourbe commençait à lui réchauffer les os. Il jugea désagréable l'homme qui dirigeait cet établissement.

"Nulle porte close je n'ai rencontré ce midi. Je me rends à Técléosis avec mes hommes et ces amuseurs de rue et nous souhaiterions juste déjeuner de peu de choses avant de reprendre la route.
- je répète que nous ne servons pas les voyageurs ce midi surtout si c'est de peu de choses qu'ils se suffisent"

Les autres hommes en armes se réunirent autour de leur chef près à en découdre. La main basse du seigneur limita les tensions mais il est une coutume dans les terres du sud qui veut que personne, pas même un cuisinier, ne doit contredire un homme armé fourbu et à jeun. Visiblement ce tavernier ne connaissait pas cette coutume.

"Je me vois dans l'obligation d'insister, non pour le repas mais au moins pour le coin de feu. la route a été longue et ma troupe n'est point habituée au climat de votre contrée. Nous avons nos propres vivres et cela nous suffira"

le tavernier quitta la conversation comprenant qu'il ne lui serait d'aucun interêt de se mettre quinze personnes à dos. Son expression de dédain étant la seule désinvolture qui lui fut encore permise.

Vingt minutes s'écoulèrent, dans la grande salle, chaque place autour du feu avait trouvé son homme. Une musique langoureuse accompagnée d'un chant suave donnait aux visages de ces guerriers expérimentés une expression cireuse fondant dans le reflets des flammes. Une femme, jeune, jolie, entra sous les pleurs d'une autre femme. Elle était accompagnée des cris, des injures et des interdictions de son père.

"Je suis Aélÿs, voilà trois pichets de cervoise offerts par la maison. Ces chants sont sublimes que racontent t'ils ? "

Un jeune homme affublé d'un pourpoint rouge et jaune, lui répondit qu'il s'agissait d'anciens chants de batailles entre dieux d'anciennes religions.

"ces chants parlent de soldats célestes tombés pour des royaumes divins. En des temps anciens, cette terre fut un champ de bataille entre forces supérieures aux hommes...

La jeune Aélÿs se rapprocha de la compagnie de musiciens et murmura à l'oreille de l'éphèbe sa complainte.

Le seigneur se leva rappela les hommes à lui avant qu'ils n'aient fini de boire leur chope et leur ordonna de reprendre la marche.

"Nous vous remercions pour le repos l'aubergiste mais avons encore de nombreux lieux à parcourir avant ce soir . Navas vous garde !!!
-grgnnnn Adieux. qu'il vous porte le plus loin."


Tous sortir et partir en direction des moulins sur la colline. En route, certains regretèrent de ne pas avoir fini leur verre. L'homme barbu sur son palefroi s'exprima à haute voix :

" il n'est nul homme qui doit se mettre entre père et sa fille, notre route est longue et la leur est sinueuse"

Effectivement  nul n'entendit le monologue de la fille à la taverne mais tous purent décrire l'effroi qu'elle avait dans le regard. Les causeries dans les rangs de la marche s'estompèrent
Au premier carrefour, le jeune ménestrel remercia la troupe armée et s'en alla par une autre voie avec les siens. Nul ne sait ce qu'il advint de lui, peut être le rêveront nous chez le seigneur Thirius.

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