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Communauté de Terre Noire

#1 26-12-2020 17:52:04

antoine
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Antoine

Je connais Antoine depuis la plus tendre enfance.
Étant fils unique, son père voulut qu'il ait un frère de substitution, rôle qui me fut attribué.

Non pas que je fus alors l'enfant le plus intelligent du village, mais juste que j'étais le seul de son âge.

Nous avons donc partagé tous les jeux d'enfants, d'adolescents et de jeunes hommes.


                                        ☆☆☆☆☆☆☆☆☆

Si c'est moi qui prend la plume aujourd'hui, pour me faire son historien, c'est parce qu'il est beaucoup trop réservé pour se mettre en avant, beaucoup trop timide pour parler de lui, et beaucoup trop modeste pour faire étalage de ses aventures.

                                          ☆☆☆☆☆☆☆☆☆

Nous avons donc grandi à Felicia la Clinquante dans la demeure de son père.
Une grande maison bourgeoise, avec un grand jardin.

Bien loin d'un chateau, ne vous méprenez pas.

Son père était un homme respecté,  même s'il n'était pas natif de la région.

De ce que j'ai pu comprendre,  il se considérait comme en exil dans ce comté.

Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée,  peut être qu'Antoine vous éclairera mieux que moi à ce sujet.

Toujours est il que nous vécumes une enfance heureuse, formés aux rites de la chevalerie par des serviteurs de son père,  et bénéficiant de cours particuliers pour nous apprendre à lire, écrire, compter, soigner comme tout bon seigneur de ces terres noires.

                                       ☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆

Dernière modification par antoine (26-12-2020 17:52:46)

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#2 27-12-2020 11:32:47

antoine
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Re : Antoine

Quand nous atteignimes l'âge adulte, vint l'épreuve de l'adoubement.
C'est à ce moment que de frère de jeux, je devins écuyer de Sire Antoine.
Écuyer, et historien, dans le sens que je devais rendre compte à son père.

Mais pour être honnête, je me dois de rétablir certaines vérités.

Antoine et moi nous ressemblions étonnamment.  Cela nous permit de jouer quelques tours à nos professeurs.
Antoine suivait les cours théoriques, et me mandatait pour l'éducation physique. Car il avait le combat en horreur.

Au lieu de s'entraîner avec les armes du chevalier, il allait voir le vieux Sin, qui habitait une petite maison au fond du parc de la maison de son père.

Comment était il arrivé ici, nul ne le savait. A part son père qui témoignait énormément de respect au vieil homme.

                    ☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆

Je fais ici un aparté  pour vous parler du vieux Sin.

Imaginez une silhouette fluide, insignifiante,  celle qu'on voit  passer sans vraiment la voir.
Si vous y prêtez attention, vous distinguerez un visage émacié,  à la peau jaune,  des pommettes hautes, deux yeux noirs bridés.
Bref un faciès qui ne court pas les rues dans le comté.

Un instant il était là,  l'instant d'après il n'y est plus.

Juste un frémissement de l'air vous laisse deviner son passage.

Antoine passait des heures en sa compagnie.

Lorsque je le questionnais sur ses occupations, il restait dans le vague, me parlant d'introspection, de Yin et de yan,  de méditation transcendantale.

Bref des mots auxquels je ne comprenais pas grand chose.

Jusqu'au jour où  je décidais de le suivre chez le vieux.

Je le vis s'installer en tailleur sur une natte, devant des pots et des pinceaux, et commencer à travailler sur un parchemin posé devant lui.

Caché sous la fenêtre je le regardais incrédule quand je me sentis saisi par le col et tiré d'une main ferme hors de ma cachette.

Le vieux Sin me regardait en fronçant les sourcils, ce qui le rendait encore plus sévère.

"Que fais tu là jeune Lioncourt ? Ne peux tu te présenter comme tout le monde à la porte ?"

Je restais coi, ne sachant que dire.

Et bien, puisque tu n'as rien à dire, suis moi, j'ai du travail pour toi."

Ne sachant que répondre,  et ne connaissant pas sa situation dans la hiérarchie de la maison d'Antoine, je lui emboitais le pas, penaud et confus.

Il me mena devant une palissade, au fond de son minuscule jardin rempli de bassins et de cailloux, et me désigna un seau rempli de chaux et une sorte de gros pinceau.

"Tiens, applique cette chaux sur la palissade, et prends bien soin de le faire de manière régulière,  que la même épaisseur recouvre chaque planche.
Tout tient dans le mouvement du poignet, comme ceci."

Et il me montra le mouvement de la main avant de me coller le pinceau dans les doigts.

"Tu devrais avoir fini ce soir."

Et avant que j'ai pu répondre il avait disparu.

Au coucher du soleil Antoine m'avait rejoint alors que je finissais la dernière planche de la palissade.

"Beau travail me dit-il, désormais tu m'accompagneras tous les jours chez messire Lin. Il se chargera de ton éducation martiale."

Et c'est ainsi que je suivis pendant des mois la formation du vieux Lin, qui m'enseigna l'art de combattre de son lointain pays, au delà des océans.

Dernière modification par antoine (27-12-2020 16:26:18)

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#3 28-12-2020 11:26:50

antoine
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Re : Antoine

Nous arrivâmes au jour de l'adoubement, que je suivis en tant que spectateur, en compagnie de messires Godoric et Galahad, les deux seuls amis de son père.

Antoine, à ma grande surprise, se sortit de toutes les épreuves liées à la chevalerie.

Visiblement l'enseignement de messire Sin avait été efficace.

Je découvris alors qu'il maîtrisait l'art de l'archerie a la perfection.

A la fin de la cérémonie,  Antoine me fit venir devant son père,  et lui demanda que je devienne son écuyer .

C'est pourquoi je m'adresse à vous désormais, en tant que narrateur des exploits d'Antoine, chevalier de Lioncourt.

                                    ☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆

Et ces exploits vont vous faire rêver,  même s'il ne s'en vantera jamais.

Ils débuteront le soir même de cette journée particulière.

Le père d'Antoine le convoqua dans ses appartements.

Que se dirent ils ? Je ne sais, attendant Antoine au pas de la porte.

Ce que je sais, c'est qu'il sortit de cette entrevue la figure blanche,  quelques gouttes de sueur perlant à la racine des cheveux, un vieux parchemin à la main.

Il ne dit mot jusqu'à ce que nous parvenions à nos appartements.

Ah oui, j'ai oublié de vous dire que je logeais chez Antoine. Plus comme un frère que comme un écuyer.

Une fois la porte franchie, il me tendit le parchemin .

Un vieux parchemin. Très vieux, aux bords racornis, craquelé comme une vieille rombière.

Sur la partie haute, une sorte de dessin. Je le retournais un peu dans tous les sens, ne reconnaissant rien de prime abord.

Le temps avait déposé un manteau de crasse, de poussière sur les écritures, les rendant presque illisibles.

A force d'attention, je parviens à me faire une idée du dessin.

Comme une grande table, avec des silhouettes tout autour. Au milieu, une sorte de coupe. Coupe de fruits ? Lampe a huile ? Hannap ?

Dessous, un texte dans une langue qui m'est inconnue. Il faut dire que je n'ai jamais brillé en langues étrangères.

Et tout en bas, comme deux signatures, de chaque côté du parchemin, séparée par un sceau dont je ne connais pas les armes.

Je redonne le parchemin a Antoine, l'air interrogateur.

"C'est quoi ? Un vieux testament ?"

Dernière modification par antoine (29-12-2020 12:45:24)

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#4 29-12-2020 11:17:56

antoine
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Re : Antoine

Antoine hoche la tête,  tristement.

"Non, ce n'est pas un testament, quoique....

Mon père ne sait pas grand chose à ce sujet, excepté que c'est à cause de lui que ses aïeux ont été  banni du duché.

Et que son grand père et son père ont tenté en vain de comprendre le pourquoi et l'importance que ce parchemin avait.

Il m'a dit que désormais c'était à moi de porter ce fardeau."

Je l'ecoutais sans rien dire. A dire vrai, je ne comprenais pas grand chose à cette histoire.

Un seul indice me chiffonnait.

"Le sceau au bas du parchemin. Tous les sceaux des duchés,  comtés,  baronnies etaient répertoriés.

Ne faudrait il pas déjà s' enquérir de sa provenance ?

Ne connais tu pas un noble du duché qui ait des connaissances héraldiques ? "

Je me tus, attendant sa réaction.

Il me semblait que s'il questionnait messire Galahad, ou messire Godoric, il obtiendrait peut être une indication.

"Que comptes tu faire ?

Si nous nous rendions chez messire Godoric, peut être pourrait il nous renseigner sur la provenance de ce sceau ?"

Antoine acquiesca.

'Tu as raison. Je lui fais porter à l'instant un courrier lui demandant de nous recevoir.'

Il s' assit à une petite table portant parchemins, plumes et encrier, et écrivit ;

"Mes hommage messire Godoric.

Je viens par la présente solliciter une entrevue avec vous, au sujet d'une affaire de la plus haute importance dont  je viens d'hériter.
Je vous en dirai plus de vive voix.

Je vous remercie par avance, veuillez agréer ma haute considération.

Antoine de Lioncourt"

Il me tendit la lettre après l'avoir cachetée en me demandant de la faire porter par le service de messagerie.

https://images.app.goo.gl/Yui758R6PNVV2n2M8

Dernière modification par antoine (29-12-2020 18:53:39)

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#5 30-12-2020 12:20:52

Godoric
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Re : Antoine

Une lettre venait d'arriver de la part d'un jeune seigneur nommé Antoine à Insohel la nouvelle.  Dans cette lettre, le jeune seigneur demandait audience au chef des sphonistes.

Godoric, intrigué par la demande de ce jeune seigneur,prit la plume et lui répondit.

Jeune seigneur, mes salutations.
Votre courrier sybillin m'intrigue. Je serai donc ravi de vous aider, tout en discutant avec vous de tout et de rien. Venez quand il vous plaira chez moi.

Godoric


Godoric, nouveau chef de l'Eglise sphoniste pour un nouveau départ et une renaissance de l'île.

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#6 01-01-2021 16:29:56

antoine
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Re : Antoine

En attendant la réponse de messire Godoric  nous passames notre temps à compulser les documents en possession de son père.

Parmi ceux ci, Antoine découvrit plusieurs traités d'alliance, droit de passage, accords commerciaux avec les comtés voisins.

Tous datant de plus de vingt ans.

Et beaucoup de documents sur l'église sphoniste. Souvent de la main du père d'Antoine.

Ce dernier les parcourut avec assiduité,  me les commentant occasionnellement.

J'allais également voir le vieux Sin, me disant que vu son âge et les relations qu'il avait avec le père d'Antoine, peut être était il au courant de choses qu'il serait bon que nous sachions.

Et je dois dire que mes visites furent fructueuses.

Il me révéla qu'il avait rencontré messire de Lioncourt lors de la quête que ce dernier mena au sujet du parchemin.

Celle ci lui prit deux longues années avant qu'il renonçat, faute d'éléments nouveaux.

Il me dit enfin que les recherches sur l'origine du sceau étaient restées vaines, mais que lui pensait qu'il appartenait à un ancien seigneur du Sud , très  puissant et grand chasseur.

Muni de ces informations, je rejoignit Antoine juste avant notre départ pour le comté de messire Godoric.

"Nous voyagerons légers Florimond."

Et oui, je m'appelle Florimond. Inutile de vous gausser, je porte ce nom avec fierté.

Antoine s'équipa de son cuir d'archerie, renforcé de plaques d'acier, d'une paire de braies en cuir épais, et de bottes souples. Un carquois rempli de flèches et une dague complétaient son équipement.

Pour ma part, je revêtis  l'équipement fourni par le vieux Sin.

Une chemise épaisse, des protéges bras renforcés de tiges d'acier, une veste épaisse en coton écru, un plastron de cuir, des braies en cuir, et des bottes courtes.

Je glissais trois étoiles d'acier dans ma ceinture, et accrochait le sabre, cadeau de Sin, dans mon dos.

Peut être allais je avoir l'occasion de mettre en application les enseignements de mon maître.

Nous choisimes chacun une monture robuste et endurante, deux sacs de provisions dans les fontes, et au petit matin nous primes la route vers la demeure de messire Godoric.

Dernière modification par antoine (04-01-2021 09:49:44)

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#7 04-01-2021 09:49:00

antoine
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Re : Antoine

Il convenait donc de rejoindre Insohel la Nouvelle, au beau milieu du Comté  du Havre de Sphonie, en plein Duché de Lonfort.

En sortant de la ville, j'admirais ses fortifications et le bastion, oeuvres créées sous l'impulsion d'Antoine. Depuis sa prise de fonction, il s'était investi dans la gestion de sa ville, ayant à coeur d'améliorer le bien être de ses citoyens.

La route vers le Duché était bien encombrée.  Se tenait en effet la foire annuelle au Havre de Sphonie, et nombreux étaient les marchands et artisans qui venaient y tenir échoppe.

Nous cheminâmes donc au pas de nos chevaux, patientant quand un encombrement se faisait jour.

A la mi journée,  nous arrêtames prés d'un champ recouvert de neige afin de se restaurer et de faire souffler les montures.

C'est alors que nous avisâmes une carriole brinquebalante qui avançait sur la route, dans notre direction.

Une silhouette encapuchonnée guidait une mule rétive d'une main sûre.

Il ne me fallut pas beaucoup de temps pour reconnaître le vieux Sin. Ainsi donc il avait décidé de nous accompagner. Sinon, que ferait il ici ?

Je questionnais Antoine à son sujet.

"As tu demandé  au vieux Sin de nous accompagner ? Parce que je ne sais si tu as vu, mais il est en train de nous rejoindre."

Il me regarda d'un air mystérieux.

"Sin est notre ange gardien. Père a tenu à ce qu'il nous accompagne.
Personnellement, cela ne me dérange pas, il est toujours de bon conseil, parle plusieurs langues, et en plus il fait bien la cuisine."

Je ne pus m'empêcher de sourire, connaissant l'appétit insatiable de mon maître.

Le vieux Sin nous rejoignit rapidement, et après les salutations d'usage, se mit à réchauffer un chaudron sur sa carriole.

Son riz accompagné de poisson séché fit taire les gargouillis de nos estomacs.

Nous reprimes la route jusqu'au coucher du soleil, sans aucun événements à signaler.

Dernière modification par antoine (04-01-2021 09:51:12)

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#8 04-01-2021 11:33:30

antoine
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Re : Antoine

' Le lendemain, nous traversames le comté de Boisjoli, et pénêtrames dans celui de Boemauth.

Antoine n'avait pas trouvé de traité d'alliance avec ce comté,  ni de droit de passage.

Mais vu la pauvreté des terres, nous pensames qu'il y avait beau temps que nul seigneur ne régnait sur celles ci, au grand dam de ses serfs.

Nous poursuivimes ainsi notre chemin, jusqu'à l'entrée d'un village.

Devant la porte trouant une palissade en bois, en fort état de décrépitude,  un chevalier en armure, l'épée à la main.

"Rebroussez chemin !!!

Vous ne passerez pas, la porte est close !!!!!"

Le ton de sa voix ne laissait aucun doute sur ses intentions belliqueuses.

Je regardais tour à tour Antoine et Sin.

Qu'allions nous faire ?

Déjà des voyageurs s'agglutinaient derrière nous, poussant et vociférant.

Un colosse fendit la foule, une masse à la main, et s' approcha du chevalier.

"Hey l'homme, on est trop nombreux pour toi. T'ferai bien de dégager tant qu't'as tes deux jambes."

A peine avait il fini sa diatribe que le chevalier effectua un moulinet très rapide de son épée,  et la tête de l'homme roula sur le chemin tandis que son corps s' affaissait lentement.

"La porte est close, vous ne passerez pas !!!!"

Le chevalier avait repris sa position.

Le vieux Sin me poussa dans le dos.

"Vas donc essayer de parlementer avec lui, avec respect et considération. Demande lui qui il est, qui il sert,  ce qu'il veut pour ouvrir la porte."

Et voilà comment envoyer l'écuyer au combat sans lui en donner l'ordre pensai-je.

Laissant mon sabre accroché dans mon dos, je glissais deux dagues dans ma ceinture et je m'avançais à distance raisonnable du chevalier.

Distance raisonnable veut dire hors de portée de son épée.

Position salutaire au vu des quelques cadavres qui jonchaient le fossé du chemin.

"Mes salutations chevalier. Je suis mandé par le seigneur Antoine de Lioncourt, du comté de Soufflelieu, afin de connaître les modalités de passage pour rejoindre Pierrebonte.
Quelles sont vos exigences ?"

Le chevalier posa la pointe de son épée au sol, devant ses pieds, les deux mains posées sur sa garde.

Il resta un long moment immobile, sans me répondre.

Puis sa voix gutturale retentit.

"La porte est close. Le Mal règne au delà.  Rebroussez chemin, si vous ne voulez devenir ses serviteurs.
Il y a une autre route à l'est qui mène à Pierrebonte, la route Desproges.
Saluez votre seigneur et transmettez mon message a cette foule hurlante."

Je le saluais et rejoignis mes compagnons en leur faisant part de son message.

"Prenons nous la route Desproges ?"

Dernière modification par antoine (04-01-2021 11:39:03)

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#9 05-01-2021 09:38:49

antoine
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Re : Antoine

Le vieux Sin quitta le chevalier des yeux, et se tourna vers les voyageurs qui patientaient derrière la charrette.

"Retournez au dernier carrefour et prenez la route Desproges a l'est. Elle vous mènera à Pierrebonte."

Puis il fit claquer sa langue et manoeuvra la carriole pour faire demi tour.

"Suivez moi, laissons partir la foule et attendons hors de vue du village."

Aux premiers détours de la route il dirigea son véhicule sur le bas côté et nous fit signe de le rejoindre,

"Bien, voyons si mes cours ont portés leurs fruits.

Antoine, qu'as tu remarqué ?"

Antoine palit un peu, se racla la gorge, toussota, puis finit par dire :

"À vrai dire, pas grand chose, si ce n'est que ce chevalier est d'une rapidité remarquable."

"Et c'est tout ?
Et toi, jeune Florimond, qu'as tu remarqué ?"

Je me doutais bien que j'allais aussi avoir droit à la question. Mais j'avais quelque chose à dire, quelque chose que j'avais remarqué en allant parler au chevalier.

"Son armure. Elle était....bizarre. comme si le haut n'allait pas avec le bas.
Le plastron était fait d'acier brillant. Alors que les jambières étaient en acier mat. Comme les épaulières."

Le vieux Sin parut réfléchir un petit moment, puis hochant la tête.

"Vous avez raison tous les deux, mais c'est un peu court.
Antoine, tu as été  élevé dans les préceptes de la chevalerie.
Cela ne te choque pas un chevalier qui tue un homme sans semonce ?
Alors que l'homme n'est pas armé  ?
Bien vu Florimond.  Son armure est faite de pièces hétéroclites,  sans doute prélevées sur des cadavres de chevaliers occis.
Cet homme n'est pas plus chevalier que toi.
Et cela ne vous choque pas un homme qui reste de garde devant une porte en permanence ? Avec le froid qui règne actuellement ?
Et sa façon de parler....trop théâtrale.
Tout cela n'est qu'une comédie pour éviter que l'on rentre dans le village.

Pour moi, il s' agit d'une troupe de brigands qui doit tenir la population en otage, et qui a sans doute massacré la garnison du Comté de Boemauth.

Ils doivent avoir des guetteurs qui les préviennent de l'arrivée d'importuns,  Et le faux chevalier sort devant la porte."

Antoine et moi nous tenions cois devant le vieux Sin. Je comprenais pourquoi le père d'Antoine avait tenu a ce qu'il nous accompagne.

"Qu'allons nous faire ? " murmurai-je.

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#10 05-01-2021 16:30:59

antoine
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Re : Antoine

Le vieux Sin nous regarda tour à tour.

"Et bien nous allons faire ce que font tous les preux chevaliers.
Aller au secours de la veuve et de l'orphelin.

Je crois savoir à qui nous avons affaire.
Votre père, Antoine, m'avait parlé d'un certain comte Guzim de Terre de l'horizon, seigneur de Valembrum.
Il était arrivé du continent je crois, mettant main basse sur Terre d'horizon en prétextant un don de l'ancien propriétaire.

Il s' est ensuite mis à piller les comtés alentours, dont celui du comte Jean Gilian, un ami de votre père.

Nous nous demandions comment il pouvait se déplacer si vite avec sa troupe de soldats. De mercenaires devrai-je dire.

Je crois que nous avons trouvé la réponse.

Depuis quelques temps, ce comte Guzim a disparu de la circulation.

Mais apparemment, ses troupes sont toujours présentes dans ce village, qui lui servait de garnison.
Laissés à eux même, ils sont retournés à leur vie de brigandage.

Nous nous devons d'intervenir."

Je restais silencieux durant les explications de Sin.
Il en savait visiblement beaucoup plus qu'il n'en disait.

Je commençais à comprendre le sens de ce voyage.

Une mise à l'épreuve du chevalier Antoine.

Antoine avait l'air aussi perplexe que moi, jouant avec la corde de son arc.

Je me tournais vers le vieux Sin.

"Nous devrions intervenir cette nuit, la lune est noire.
J'ai vu deux gros chênes le long de la palissade.
Antoine pourrait y grimper, et disposerait ainsi d'une vue sur l'ensemble du village, et d'une capacité de tir avec son arc remarquable.
Quand à moi, grâce à l'enseignement que vous m'avez donné,  Je devrais être capable d'aller en reconnaissance dans le village sans me faire remarquer.
Un fois les cibles repérées,  vous pourriez me rejoindre pour les abattre.
Qu'en pensez vous ?"

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#11 06-01-2021 10:25:16

antoine
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Re : Antoine

Un sourire éclaira le visage du vieux Sin.

"Ah la fougue de la jeunesse !!
Et comment jeune dadais communiqueras tu avec Antoine ?
Transmission de pensée ?
Ou alors t'enverra-t-il une flèche avec un message dans ton derrière charnu  ?

Et dans le noir, que pourras tu observer ?

Non, inutile de nous jeter dans la gueule du loup.

D'abord, sans doute sont-ils plus nombreux que nous.
Ces soudards ne vivent que de rapines.
Boire, manger, se battre et baiser sont leurs occupations favorites.
On va leur procurer l'occasion d'assouvir un de leur vice.

Nous avons un tonneau de vin que je comptais offrir à Godoric. Il nous pardonnera de l'utiliser à des fins chevaleresques.

J'ai également quelques drogues de ma compositions, destinées notamment à endormir en cas d'opération nécessaire.

Nous allons diluer la plus puissante dans le tonneau, puis nous mènerons cette nuit la carriole devant la porte où nous l'abndonnerons chargée du tonneau.

Il y a fort à parier qu'ils se l'approprieront et que, ravis de la bonne aubaine, ils le boivent dans la foulée.

Il ne nous restera plus qu'à entrer sans avoir à combattre, après avoir observé du haut de ton chêne jeune écuyer. "

Antoine et moi nous regardames ébahis.

Où allait il chercher tout cela ?

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#12 07-01-2021 13:26:40

antoine
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Re : Antoine

Quelque chose pourtant me tarabustait.

Le chef des soudards ne sortait que lorsque des visiteurs arrivaient.

Sans doute était il prévenu par des guetteurs. Mais où  se trouvaient-ils ?

Peut être faudrait-il s' en occuper avant de mettre notre plan à exécution.

"Je suis d'accord avec vous, mais qu'en est-il des guetteurs ? Peut-être nous observent-ils toujours ?
Il faudrait régler leur sort avant de préparer la carriole et le tonneau, non ?"

Notre précepteur leva les yeux au ciel en souriant.

"Bien réfléchi  Florimond.
Tu as su remarquer les deux chênes près de la palissade.
N'as tu point vu ceux qui s' élèvent au carrefour de la route Desproges ?
Je suis sur que leurs postes de guet s' y trouvent.
A toi de les y déloger.
De mémoire, il y a également deux chênes.
Mais si tu réfléchis bien, pour que le guetteur puisse transmettre son avertissement, à l'aide d'un miroir ou d'une flèche,  Il faut qu'il soit en vue directe du village.
Ce qui élimine le chêne placé au nord du carrefour, dont la vie est obstruée par le virage de la route.

Nous allons avec Antoine faire diversion sur la route en direction de Pierrebonte, a toi de grimper sur le chêne situé au sud du carrefour en toute discrétion, et de régler son compte au guetteur."

Que les choses paraissent simples dans la bouche du vieux Sin.

Tout en nous dirigeant vers ce fameux carrefour,  laissant la palissade derrière nous, je recapitulais in petto les choses que je devais accomplir.

Repérer l'arbre de l'intérieur de la forêt.
Y grimper avec discrétion. Ce qui veut dire sans jurer à chaque prise manquée, sans faire de bruit en se rapant les mains, sans casser de branche a cause du bruit. ...facile quoi....

Juste avant le virage je descendis de la carriole pour m'enfoncer dans la forêt et parvenir ainsi au carrefour par l'intérieur.

"Je comptes sur toi !!" me lança le vieux Sin.

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#13 08-01-2021 12:26:50

antoine
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Re : Antoine

Je comptes sur toi.....Il en avait de bonnes.
La forêt était dense, non entretenue. Ce qui fait que le sol était jonché  de brindilles et autres branches mortes qui se faisaient un plaisir de craquer sous les pieds.

Heureusement que le vieux Sin m'avait appris à me déplacer comme le souffle du vent, la caresse de la brise.

Un branche cassée,  un crac lugubre.....c'est plutôt la lourdeur du pachyderme qui me caractériserait.

Cependant la déesse chance décida de m'accompagner jusqu'au pied du chêne sans autre craquement intempestif.

J'observais un long moment le feuillage de cet arbre majestueux. C'était bien lui le support du poste de guet, car on avait pris soin d'élaguer toutes les branches jusqu'à quatre mètres du sol, rendant ainsi une escalade improbable.

Ma tenue à dominance blanche me rendait difficilement détectable sur fond neigeux. Par contre, celle des guetteurs n'était pas discrète,  et je distinguais deux silhouettes à une douzaine de mètres du sol.

Une recroquevillée le long du tronc au départ d'une grosse branche, l'autre au bout de cette branche, occupée à observer le spectacle que donnaient en bas Sin et Antoine.

Je sortis de ma ceinture la fine corde que tout bon écuyer doit avoir sur lui, et la lançais habilement sur la première  branche atteignable. Grâce à elle, je pus me hisser sur les frondaisons basses.

Grimper ensuite dans la direction des guetteurs ne me posa aucun problème,  ressemblant trop aux jeux que nous pratiquons dans la forêt de Souffledieu.

Me servant de l'abri du tronc, je grimpait même un peu au dessus de leur poste d'observation, afin d'enregistrer tous les détails de leur situation.

La personne tapie au début de la branche paraissait menue, genoux ramenés devant elle contre sa poitrine, les bras croisés dessus.

L'autre, de plus grande stature, était avancée  sur la branche, à califourchon,  la faisant pencher sous son poids.

Je parviens à me hisser sur une branche, juste au dessus de la leur, sans faire tomber de neige. Puis je m'assurais avec ma corde à ma branche,  laissant un mètre de battement à la corde.

En quelques instants, j'avais élaboré une stratégie.

Sin et Antoine étaient juste en dessous du guetteur, avec la carriole tirée  par l'anesse Rossinante.
En sautant de ma branche sur celle du guetteur, j'avais de grandes chances de la faire ployer et de lui faire perdre l'équilibre.

Et je me retrouverai face au guetteur accroupi.

Partant du principe que les premières idées sont souvent les meilleures, je me lançais dans le vide, et heurtais avec force la branche en dessous.

Mes calculs se révélerent justes. La branche ploya avec un gros craquement, puis se redressa violemment, projetant le guetteur en dehors de son assise.

Il ne put se rattraper, et tomba lourdement au travers des branchages jusque devant l'anesse.
Celle ci prit peur et rua,  malheureusement pour le pauvre brigand qui se prit les sabots en pleine tête,  et acheva sa triste vie sous les coups de Rossinante.

Pendant ce temps, je m'étais raccroché tant bien que mal à la branche, aidé par ma corde , et je faisais face au second guetteur.

Comment vous dire.....un visage sale sous une capuche dont quelques mèches  rousses s' échappaient, deux grands yeux verts remplis d'effroi, et une petite silhouette qui s' était redressée et qui tremblait de peur.

"Me faites pas mal" furent les premiers mots que j'entendis.

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#14 11-01-2021 10:37:56

antoine
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Re : Antoine

Le timbre de sa voix me surprit.

Une fille.

Qu'est ce qu'une fille fichait dans un chêne a 15 mètres du sol en compagnie d'un brigand.

Et pourquoi avait elle l'air aussi apeurée  ?

"Vous faire du mal  ? Et bien si vous ne m'attaquez point, je n'aurai aucune raison de vous faire du mal.

Que faites vous ici, en si mauvaise compagnie ?"

J'avais parlé de la voix la plus calme possible, tout en continuant de la détailler du regard.

Crasseuse était le mot qui la définissait le mieux.
Crasseuse et apeurée.

"Je...Je leur apporte à manger....Je...Je viens du village juste à côté. ...ils....nous tiennent en otages....si je...je ne le fais....pas....ils tueront mes parents....."

Disait elle la vérité? Le vieux Sin m'avait toujours dit de me méfier de la gent féminine. Mais bon la, elle n'avait pas l'air bien dangereuse.

"Ils vous tiennent en otage ? Ils....cela représente combien de personnes ?"

Cessant de renifler, elle semble compter sur ses doigts.

"Quinze....avec celui qui est tombé. "

"Et vous êtes combien d'otages ?"

Deux trois reniflements plus tard.

"Nous étions....trente deux au village.....avant....maintenant,  nous sommes dix huit. Ils ont....exécuté les autres."

Je restais silencieux. Quatorze personnes exécutées.  Le guetteur avait bien mérité son triste sort.

"N'ayez pas peur, le cauchemar va bientôt se terminer.
Nous avons un plan pour vous délivrer des brigands.
Nous allons rejoindre mes amis en bas, près de la carriole.
Ne vous enfuyez pas, ils ne comprendraient pas et vous risqueriez de prendre une flèche,  mon maître est un très bon archer."

De la main je lui fis signe de descendre de l'arbre, et je m'empressai de la suivre.

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#15 11-01-2021 23:55:49

antoine
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Re : Antoine

Elle arriva lestement à terre, juste devant Antoine qui la devisagea ébahi.

Le vieux Sin souriait, un peu en retrait.
Rossinante renaclait, le corps du brigand entre ses pattes.

Et moi je ratais ma dernière  prise et tombait comme un lourdaud aux pieds de la prisonnière,  me releva't aussitôt dans un sursaut d'orgueil.

"Je vous présente.....ah oui au fait, comment vous nommez vous ?" demandai-je à la jeune fille.

"J'm'appelle Fanette....mais au village ils m'appellent tous la Souillon, rapport à c'qu'on s' lave pas souvent chez les pôvres.
Et toi t'es qui ? Et les autres ?"

La Souillon, elle méritait bien son surnom.

Je désignais d'abord mon Maitre, puis le vieux Sin.

"Saluez  messire Antoine de Lioncourt, du Comté de Souffledieu, et son précepteur messire Lin.
Je suis Florimond, écuyer de messire Antoine.

Pouvez vous nous dire, demoiselle Fanette, s'il y a des hommes d'armes parmi les otages, et comment se comportent vos geôliers ?"

Elle avait arrêté de trembler comme une feuille, sans doute rassurée par les presentations.

"Non, il n'y a pas de soldats par chez nous. L' village l'est trop pôvre.
Les autres, y'en a toujours huit d'garde, pendant qu'les autres roupillent. C'fait longtemps qu'ils sont là. Avant, z'avaient un étendard,  mais ils l'ont brûlé un soir d'ripailles."

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#16 12-01-2021 00:41:36

antoine
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Re : Antoine

Antoine prit la parole à cet instant.

"Soyez rassurée,  gente dame, il ne vous sera fait aucun mal sous ma protection. Nous allons céans bouter ces mécréants hors de votre village et leur faire payer toutes les vilénies qu'ils vous ont fait subir."

Puis il se tourna vers le vieux Sin et moi.

"Il est temps de mettre notre plan à exécution.
Que pensez vous de faire conduire la carriole au village par Dame Fanette, qui pourra dire que le guetteur a abattu le conducteur, que les braves chevaliers se sont enfuis, et qu'elle rapporte la prise de guerre. ?"

Le vieux Sin sourit à la proposition.

"Cela me paraît un peu cousu de fil blanc....mais pourquoi pas...les idées les plus simples sont souvent les meilleures.
Et le fait que ce soit Fanette qui ramène la carriole devrait les mettre en confiance. Ils ont toujours ses parents en otages.

Vous allez étaler un peu de sang de ce mécréant sur le siége de la carriole,  et je vais dans la foulée préparer notre décoction à mélanger au contenu du tonneau."

La jeune villageoise s'était remise à trembler comme une feuille au vent.

"J'veux pas y aller, ils vont m'tuer pour sur !!"

Le vieux Sin s' approcha d'elle, et lui prit les mains dans les siennes.

"Regardez moi bien dans les yeux jeune fille. Vous y lirez ma détermination et ma puissance.
Il ne pourra rien vous arriver sous notre protection. L'esprit de la déesse veille sur vous. Elle n'a soif que de justice. Et vous participerez à sa victoire.
Veillez juste à ce que tous ceux de garde boivent de ce breuvage, et arrangez vous pour abandonner la carriole près de l'endroit où les autres dorment."

Le discours sembla avoir un certain effet, Fanette arrivant à se calmer.

Le vieux Sin continua.

"Cette carriole a une cachette, juste sous  le siège du conducteur. Suffisamment grand pour que Florimond, le plus svelte de nous tous, puisse s'y glisser et patienter jusqu' au milieu de la nuit.
Ainsi nous ferons comme le grand Ulysse et son cheval.
Nous aurons la carriole de Troie.
Florimond, tu pourras mettre ainsi à profit les cours de combat que je t'ai fait suivre.
Tel Nisus et Yeurale, tu abattras l'armée ennemie dans son sommeil. Mais toi tu ne te feras pas prendre...."

J'avais du blêmir un peu au fur et à mesure du discours de Sin.

Me faire enfermer dans une caisse, y rester quatre ou cinq heures, puis passer par le fil sept à huit mercenaires dans leur sommeil....pourquoi c'est toujours aux écuyers que ce genre de tâche incombe ?

Dernière modification par antoine (13-01-2021 10:36:19)

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#17 12-01-2021 11:06:49

antoine
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Re : Antoine

J'observais le vieux Sin procéder à sa mixture, puis l'introduire dans le tonneau.

Une fois la bonde remise en place, il me regarda en souriant.

"Et bien jeune écuyer,  tu comptes investir le village dans ta tenue blanche, en pleine nuit ?"

J'haussais les épaules d'un air consterné.

"Bien sur que non messire. Je vais de ce pas enfiler ma tenue noire, celle que vous m'avez offerte."

Ce que je fis dans la foulée,  soigneusement caché derrière la carriole.

Ce plan reposait sur le bon vouloir de la dite Fanette.

J'éprouvais une certaine retenue. La connaissait-on assez pour lui faire confiance ?
Son histoire tenait debout, correspondait à ce que nous pressentions.
Mais de la à mettre ma vie entre ses mains....

Imaginez, on pénètre dans l'enceinte avec la carriole, et là elle dit au chef que je suis caché sous le siège. ....Et un otage de plus  !!

Je la fixait du regard.

"Dame Fanette, vous êtes sûre que vous y arriverez ?"

Elle posa ses yeux verts sur moi. On y lisait la détermination.

"Si t'avais souffert comme j'ai souffert, tu m'poserais pas la question.
J'rêve d'les voir étendus morts à mes pieds.
J'conduirai vot chariot, et j'le poserai près d'la grange où  ils s'reposent.
Ça s'ra à toi d'faire l'reste. Si t'as l'courage."

La fille ne mâchait pas ses mots.

Si j'avais le courage ?

Honnêtement,  j'avais du mal à me voir trucider huit brigands dans leur sommeil.
Parce que franchement, peu de combats que j'avais mené n'avaient conduit à la mort de mes adversaires. Pour dire vrai aucun ! C'étaient des entraînements.

Mais là,  ce n'était pas le cas. Si je faillissais, je mettais en danger la vie de mes amis. Et l'envisager était intolérable.

"Je ne faillirais point."

Sur ces belles paroles, je grimpais dans la carriole, soulevais le couvercle du siège, et me glissais dans l'espace disponible, la seule position possible étant celle couché sur le dos.

J'avais l'impression d'être dans un cercueil. Un peu jeune non ?

Le vieux Sin vint caler le couvercle.  A tâtons je trouvais les deux loqueteaux qui permettaient de le maintenir fermé.

Il ne me restais plus qu'à attendre, en priant la déesse que tout se passe bien.

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#18 12-01-2021 16:00:50

antoine
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Re : Antoine

Sans doute n'avais je pas assez prié.  Essayez de voyager couché sur une planche en bois, juste au dessus des roues de la carriole, sur un chemin défoncé en plein hiver.

Vous ne pouvez imaginer.

En plus le froid déclenchait une envie de faire pipi a damner une tenancière de bordel.

La voix de Fanette me parvint.

"Il est devant la porte. Il semble m'attendre. Priez pour moi"

Je sentis le chariot s'immobiliser, puis une voix s'éleva.  Je l'avais déjà entendue.

"Tu en as mis du temps Fanette. Tes parents se faisaient du souci...pour leur gorge.
D'où  vient ce chariot ?  La dernière fois que je l'ai vu, il y avait trois chevaliers avec."

La voix était suspicieuse.

"Ouais y'avait trois chevaliers. Gontrand en a descendu un qu'était resté sur l'siège pendant qu'les autres étaient en train d'pisser, l'a pas eu l'temps d'tirer une deuxième flèche qu'les deux autres partaient en courant. Vu leur vitesse, sont d'ja à Pierrebonte !
M'a dit d'vous ram'ner la carriole,  parce qu'il a vu l'tonneau qu'elle transportait."

Je sentis la charette pencher sur le côté,  puis grincer sous le poids de l'homme. J'entendis un frottement sur la planche qui me séparait de lui, puis le bruit du tonneau que l'on déplaçait. Il devait être rudement fort pour le bouger tout seul.

"Gondrand n'a pas perdu la main on dirait, il a du lui trancher la carotide vu la masse de sang sur le siège...du bon vin....y'a pas, il aura droit à double dose demain."

Puis d'une voix de stentor.

"Ouvrez la porte !!!! Elle n'est jamais close pour une prise de guerre! !!!
Aller Fanette, a toi de conduire ta prise.
Je t'avais bien dit que tu finirais par être des nôtres."

La carriole reprit son chemin en grinçant, l'homme devait faire son poids.
Au bout de quelques minutes, je la sentis s'arrêter, puis se balancer en craquant avant de retrouver son assise habituelle.

J'entendis leurs voix s'éloigner, l'homme continuant de féliciter Fanette.
Elle n'avait rien dit, lui opposant un mutisme résigné.

Et le temps passa. Et le froid commença à m'engourdir. Des bruits lointains me parvenaient. Sans que je puisse en distinguer l'origine.

Un grincement. Quelqu'un était monté sur la carriole. Puis des grognements,  des griffements sur la planche de bois. Des halètements.

Un chien. Un chien était grimpé sur le siège,  et léchait le sang....ne manquait plus qu'il repère mon odeur.

Je retenais ma respiration,  attentif au moindre bruit.

Au bout de cinq minutes interminables, je le sentis quitter la charette.

Je me laissais aller à un soupir de soulagement. J'avais un peu perdu la notion du temps. Était il temps que je sortes de ma cachette ?

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#19 12-01-2021 16:53:22

antoine
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Re : Antoine

Doucement je dégageais les deux loqueteaux, et soulevais légèrement la planche.

Tout était sombre, à peine éclairé par un croissant de lune.

Je continuais de pousser la planche, et entrepris de m'extirper de ma planque en roulant sur le côté,  a même le plancher.

Aucun bruit. Un silence de mort.

Avaient ils fait ripaille avec le tonneau ?

J'observais, dans la faible clarté lunaire,  les alentours.

La carriole était arrêtée le long d'une sorte de grange,  juste devant la porte entrouverte. Aucun bruit n'en sortait.

Je me coulais le long de la charette jusqu'à la porte entrebaillée, et pénêtrais dans la grange sur la pointe des pieds.

Le silence m'intrigua.

Je devrais entendre des bruits de respiration, si des gens y dormaient.

Mais rien. Silence total.

Une raie de lumière soudaine au fond de la grange, qui disparaît aussi vite qu'elle a surgi. Comme une porte ouverte puis refermée.

Je reste un moment dans le noir, tous mes sens aux aguets.

Rien.

Aucun bruit, si ce n'est comme un râle,  vers le fond de la pièce,  d'où est  venue la lumière.

Je me décide à allumer ma petite lampe a huile. Elle éclaire sur un rayon de deux mètres maximum. Et dans ces deux mètres, trois cadavres dans une mare de sang.

Je réprime un haut le coeur, mais je dois savoir.

Je m'agenouille près du premier. Il gît sur le dos, les yeux fermés.
Une entaille profonde parcourt sa gorge, un petit filet de sang continuant de couler. Je mets la lame de ma dague devant sa bouche. ...rien....aucune buée.
Il est bien mort.

Je me relève et j'avance vers le fonds de la salle, contournant d'autres cadavres,  tous égorgés.

Arrivé près du mur du fond, je distingue une porte.

Couché devant elle, un dernier corps. C'est de lui que proviennent les râles,  de moins en moins perceptibles.

Je pose ma lampe à côté de sa tête.  Il a le cou entouré d'une grosse étoffe grise, de celles qu'on porte quand on a une bonne angine.
L'étoffe a amorti le coup de couteau,  et a contenu le flot de sang.
Malgré cela sa vie s'en va inéluctablement.

Je perçois comme un gargouillis. Je baisse ma tète jusque devant ses lèvres,  et j'entends comme des mots murmurés dans son dernier souffle.

"Fous....fous que...vous....êtes.....avez...libéré. ...la sorcière......vous tuera.....tous.....tous.....fous....."

Un dernier hoquet et il rendit son âme à la déesse.

Dernière modification par antoine (12-01-2021 17:29:49)

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#20 13-01-2021 09:54:14

antoine
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Re : Antoine

Qui avait pu tuer tant de gens en si peu de temps ? Tous de la même  façon.

Il fallait que je prévienne mon Maitre,  cela ressemblait de plus en plus à un guet-apens.

J'éteignis ma lampe à huile, la rangea soigneusement en protégeant bien la mèche,  j'en aurais peut être encore besoin, et je sortis precautionneusment par la porte arrière.

Je longeais le mur, et arrivé à l'angle, je jetais un coup d'oeil.

Elle était là.

Juste devant la carriole. Impossible de l'éviter la Fanette.

Ah si j'avais eu le temps de la connaître, de la charmer, j'aurais pu dire que nous étions deux amis, et que Fanette m'aimait.

Mais non, au vu de ses yeux verts phosphorescents, de ses cheveux rouges hirsutes, des tâches de sang qui maculaient sa robe, j'en déduisis qu'elle ne me portait pas dans son coeur.

Mais une fois de plus, ma déesse décida de venir à mon secours.
Le chien, le fameux chien, qui était peut être son chien, se mit à grogner dans ma direction.

Ce qu'entendant, Rossinante se mit à cabrer en agitant ses sabots,  brisant net la longe qui la retenait. Et la voilà qui part au galop dans ma direction, forçant  Fanette a se jeter hors de sa trajectoire.

Je me retrouvais comme lors des exercices de chevalerie a essayer de monter sur un animal au galop, ce que je reussissais à chaque fois.

Avec les genoux j'intimais à Rossinante de se diriger vers la porte de la palissade, sans diminuer l'allure.

Je réussissais a l'arrêter juste devant, le temps de l'ouvrir et je sortais du village a vive allure, pour tomber sur Messire Antoine et le vieux Sin qui attendaient visiblement que je vienne leur ouvrir la porte.

Ce n'était point le temps au discours, et je leur fis signe de grimper dans la carriole que je relançais à toute allure vers le carrefour de la route Desproges.

Le vieux Sin me questionna aussitôt arrêtés.

"Et bien mon garçon, qu'est ce qui justifie une telle célérité à  s' enfuir ? As tu vu le diable ?"

"Oh non, pas le diable, mais presque....une sorcière. ...Et c'est nous qui l'avons délivrée. ..Je...quand je suis entré dans la grange....tous ses occupants avaient été égorgés. ..comme de la volaille....le dernier n'était pas encore mort quand je l'ai trouvé. ...il m'a dit qu'on était fous....fous de l'avoir délivrée. ...Et qu'elle nous tuerait tous."

Sin et Antoine me regardaient incrédules. Antoine me tapa sur l'épaule,  comme pour me réveiller.

"Allons Florimond, ça ne te réussit pas de rester enfermé dans une caisse de bois. Les sorcières,  ça n'existe pas.
La vengeance d'une femme par contre, cela existe bien.
De ce que j'ai pu observer, Fanette était déterminée à se venger. Souviens toi, elle avait même  mis en doute ta capacité  à accomplir ta mission.
Elle s'est sans doute dit qu'il valait mieux qu'elle le fasse elle même.

Nous allons y retourner tous les trois. Le breuvage de Sin a du faire son effet, et j'espère qu'elle n'a pas continué sa vengeance."

Les sorcières,  ça  n'existe pas !! Je voulais bien le croire, mais il n'avait pas vu ses yeux dans la nuit....moi si.....Et c'était pas des yeux d'humain....

Mais bon, c'était lui le chef.

Je haussait les épaules et grimpait à l'arrière de la carriole sans' mot dire, laissant ainsi voir mon mécontentement.

Ça  ne les empêcha pas de reprendre le chemin du village.
Arrivés à la porte, toujours grande ouverte, nous fûmes accueillis par un grand gaillard a l'air jovial.

"Salut à vous chevaliers. Nous vous devons notre salut,  Fanette nous a tout raconté.
Je me présente,  Je suis Daniel, prévôt de ce village. Les brigands nous retenaient en otage. Ils étaient aux ordres du comte Guzim, et avaient pour mission de mener des actions de rapine sur Soufflelieu.
Mais depuis quelques mois, ils ne recevaient plus d'ordres du Comté, et s'étaient donc mis à leur compte.
Ce qui ne faisait pas nos affaires.

Mais suivez moi, nous allons vous offrir une collation, et réfléchir ensemble à ce que nous devons faire des survivants."

Dernière modification par antoine (13-01-2021 09:55:35)

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#21 14-01-2021 00:52:05

antoine
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Re : Antoine

Nous suivimes donc le dénommé Daniel, Prévôt de son état, dans une salle où tronait une grande table.

Une petite vingtaine de personnes y était attablée, fêtant visiblement leur liberté retrouvée et chantonnant :"par le petit bout, par le..."
Notre arrivée les interrompit, nous ne saurons jamais par quel petit bout.

Le long du mur, six personnes étaient assises par terre, entravées par des chaines reliées à des anneaux fixés au mur. Tous étaient inconscients.

Le prévôt se retourna vers nous.

"Voici ce qui reste de la troupe du Comte.

Notre village n'a pas de prison. Et nous n'avons pas les moyens de les entretenir.

Alors soit nous les exécutons en les condamnant à mort pour leurs crimes, soit vous les emmenez chez le Gouverneur pour qu'ils soient jugés et condamnés.

Votre carriole est assez grande pour les transporter, et vous n'êtes pas loin d'Insohel la nouvelle."

C'est à ce moment que Fanette pénétra dans la salle.
Elle s'était changée, lavée et apprêtez, et ne ressemblait plus à la Souillon sorcière que nous avions vue.

Elle s'approcha de moi, et je ne pus réprimer un mouvement de recul.

"J't'impressionne tant gentil écuyer ?
J'vous r'mercie d'nous avoir permis de nous délivrer d'ces soudards.
Vous êtes arrivés à temps, ils s' apprétaient à exécuter ma mère en la traitant de sorcière."

La jeune fille eut un rire cristallin.

"En réalité,  ma mère leur f'sait la cuisine, contrainte et forcée, et m'ttait dans l'soupe des herbes qui leur chamboulait les'intestins. Ils pensaient qu'elle leur avait j'té un sort.
Ceux qui restent là sont les moins virulents. Nous ont pas fait d'mal direct'ment.
C'pour ça qu'on peut les laisser r'partir avec vous."

Elle se déplaça vers la table pour prendre un pichet de vin, remplir trois verres en terre, et nous inviter à les prendre.

Je laissais Antoine et Sin s' exécuter, mais je restais à distance.

"Merci Dame Fanette, mais je ne bois pas.
Si vous voulez que l'on emmène ces prisonniers, il faudrait que votre forgeron nous fixe des anneaux dans le plancher de la carriole pour y attacher leurs chaînes, et qu'il nous monte un timon double pour pouvoir y attacher un de nos chevaux pour soulager un peu Rossinante."

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#22 14-01-2021 10:44:58

antoine
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Re : Antoine

Elle me regarda en souriant.

"Vous n'pouvez pas vous empêcher d'être sérieux ?
Faudra vous détendre  un peu, sinon vous' allez d'venir fou.

J'vais passer vot d'mande.

En attendant, grignotez un peu quoi !!"

"C'est moi qui écrit l'histoire de messire Antoine. Il faut que je garde tous mes moyens pour être sur de ne rien oublier d'important.

Parce que les gens se souviendront plus facilement de mes écrits que de ses actes.

Mais dites moi Fanette.....pourquoi les avez vous tous occis ?"

"Égorgés comme des gorets t'veux dire ? Emploie pas d' termes trop élaborés pour parler d' cette engeance de malheur.
Si tu savais c'qu'ils m'ont fait subir, tu trouv'rai qu'j'ai été trop tendre.
On était six filles d' mon âge  au village.
Quatre ont réussi à s' enfuir pendant qu'j'occupais les gardes.
Me l'ont bien fait payer !!
La cinquième s' est jetée dans l'puit.
J'suis restée la seule fille.
T'imagine la suite.
Comme des gorets j'te dis !!!"

Sur ces mots elle quitte la salle pour aller donner les directives au forgeron.

Je vins m'asseoir auprès d'Antoine.

"Alors, tu as fini de compter fleurette a Fanette ? Lis plutôt cela que vient de me donner le prévôt. "

Il me tendit une lettre portant le sceau de Godoric.

""Cher seigneur,

Je vous remercie d'avoir voté pour moi au poste de gouverneur. Si, dans le cas où vous n'avez pas voté pour moi, bien que nous ayons eu des soucis dans le passé, je tâcherai de restaurer le pouvoir, la concorde et la prospérité dans cette île. C'est pourquoi j'aurai besoin de vous.

Notre île doit faire face à une invasion au nord, à la misére au sud et au brigandage au centre. Nous devons donc tous nous retrousser les manches afin de rétablir la situation.

Dans cette optique, et si ces seigneurs l'acceptent, j'aimerai nommer le seigneur Antoine sénéchal de mon gouvernement, à lui la tâche de ramener la sécurité sur notre île. J'aimerai nommer ensuite Sir Sam conseiller du culte, à lui la charge de ramener la concorde religieuse sur l'île. Enfin, j'aimerai nommer grand argentier le seigneur Galahad, à lui la charge de nous ramener la prospérité.

Néanmoins seigneur, ce choix de gouvernement doit être validé par vos soins. C'est pourquoi vous être le bienvenu à une séance extraordianaire à l'Agora dans notre bonne vieille Caspellis.

Godoric, nouveau gouverneur de l'île"".

Je le regardais surpris.

"Tu n'es pas un peu jeune pour un tel poste ?"

Il me répondit en souriant.

"Tu oublies que Sin m'accompagne. Sa sagesse me guidera."

Dernière modification par antoine (14-01-2021 10:51:17)

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#23 15-01-2021 09:56:23

antoine
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Re : Antoine

Je hochais .la tête.

"C'est un point de vue. A terme, il faudra bien que tu t'assumes tout seul.
J'ai demandé à Fanette de nous faire modifier la carriole pour transporter les prisonniers.

A ce propos....en tans que Senechal, il te faudra des troupes pour faire respecter l'ordre....Et pour l'instant, a part Sin et moi, tu n'as pas grand monde pour t'accompagner.

Un Senechal sans gardes, c'est un peu comme...."

Je me tus, ne trouvant pas de comparaison qui ne puisse être considérée comme désobligeante.

"Bref, ils nous ont dit que ceux qui restaient n'étaient pas les pires. Ne crois tu pas que nous pourrions les embaucher ?
Si nous leur montrons à quoi ils ont échappé,  grâce à nous, peut être nous serviront ils avec peur, a défaut de reconnaissance."

Antoine contemplant son verre vide.

"Ton idée n'est pas mauvaise. Au pire, si Godoric n'est pas d'accord, nous les emprisonnerons a Insohel.
Prévoit quelques provisions pour la route. Ils ne sont pas riches ici, paie les un bon prix.
Nous partirons demain matin, nos futurs gardes auront alors peut être décuvé."

Après avoir opiné du chef, je quittais la salle à la recherche de Fanette et du forgeron.

La fumée du four me conduisit directement à l'atelier de ferronnerie. La carriole était déjà en main, tandis que Rossinante paissait dans un pré juste à côté.

"Salutations forgeron. A l'occasion regarde le bardage de la roue arrière gauche, il me semble qu'il fait du bruit.
Je peux vous parler Fanette ?"

Elle me regarde surprise, et m'entraine contre la clôture du pré.

"Nous aurons besoin d'un peu de ravitaillement pour le reste du voyage, comptant de plus que nous aurons les prisonniers.
Je sais que vous n'etes pas riches, aussi mon maître vous paiera un bon prix.
Avez vous besoin de quelque chose en particulier ?"

Elle hausse les épaules,  puis me tape la poitrine avec l'index tout en me répondant.

"Ton maître n'aura rien à payer. Grâce à toi nous sommes libres, ça vaut toutes les richesses du monde.
Dis lui bien qu'à la naissance, mon cri valait bien le sien. Qu'il n'oublie pas de rester près du peuple, sinon le peuple le lui rappelera.
Tu ne peux rien me donner. Rien ne fera disparaître ces souvenirs. J'ai été trop salie."

Elle arrête de me frapper du doigt, et pose sa main sur mon coeur.

"Merci pour tout bel écuyer,  mes pensées t'accompagneront.
Qui sait un jour nous reverrons nous.
La carriole sera devant votre yourte demain à l'aube.
bonne route à vous"

Sur ces derniers mots, une pirouette et disparaît. Non, sérieusement je la vois s' éloigner. Drôle  de fille, capable d'egorger sans sourciller  ceux qui lui ont manqué de respect. A fréquenter avec grande prudence.

Je ne vous mentirai pas en vous disant que j'ai mal dormi, alors que mes compagnons ronflaient a tout va.
La nuit fut courte, l'odeur du sang emplissant encore mes souvenirs.

Au petit jour, la carriole était devant la yourte, Rossinante attelée,  nos chevaux harnachés, les prisonniers entravés et les provisions empilées.

Nous traversames sans mot dire le village dans la brume givrante pour nous diriger vers Pierrebonte  que nous traversames escortés par la milice a mi-journée,  puis continuames vers Insohel la Nouvelle que nous atteignimes en début de soirée.

En y arrivant, nous pumes admirer la ville qui s'étendait au sein de ses murailles, grouillante de vie et de couleurs.

Arrivés à la poterne, Antoine demanda au garde de prévenir le seigneur Godoric de notre arrivée. ils enfermèrent nos prisonniers dans un cul de basse fosse, et nous prièrent d'attendre dans la salle de garde.

Dernière modification par antoine (15-01-2021 16:08:50)

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#24 17-01-2021 18:40:02

Godoric
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Re : Antoine

ola ola, voilà du beau monde dit un soldat

que voulez-vous que nous fassions de ces canailles au passage maintenant qu'ils sont dans nos geôles ?

Quoi qu'il en soit, d'après les renseignements que nous avons eu, vous seriez le seigneur Antoine, future sénéchal à ce que l'on dit dans les rues.  Je vous pris de bien vouloir m'accompagner jusqu'à la demeure de mon seigneur.  Cela sera l'occasion pour vous de découvrir un peu plus notre belle ville.. Accompagnant le geste à la parole, le garde ouvrit la porte et invita le seigneur Antoine et les siens à la suivre.


Godoric, nouveau chef de l'Eglise sphoniste pour un nouveau départ et une renaissance de l'île.

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#25 17-01-2021 19:55:50

antoine
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Re : Antoine

Antoine salua le garde et nous présenta.

"Je suis en effet le chevalier Antoine, de Felicia la Clinquante. Et effectivement futur Senechal.
Voici mon conseiller, maître Sin, et mon écuyer Florimond.

Pour les prisonniers, traitez les avec humanité.  Peut être pourrons nous les remettre dans le droit chemin. Je verrai cela avec votre Seigneur Godoric.

Nous vous suivons. "

Et nous emboitâmes les pas du garde, ne manquant pas d'observer tous les lieux que nous traversâmes.

Insohel était une très belle ville.

Nous longeames l'hippodrome, suivimes une belle route pavée bordée de fontaines et de statues célébrant les chevaliers qui s'étaient honorés à la rendre indépendante, passames l'hôtel du bourg, les jardins de l'université et atteignimes les grilles du Palais, protégé par des douves et des bastions bâtis dans une belle pierre blanche.

Nous laissâmes nos montures dans la cour du Palais aux mains de palefreniers accouru leur prendre les rênes,  et nous montâmes les marches du perron.

Le seigneur Godoric nous attendait devant la grande porte.

En gravissant les marches, je me mis à penser à notre voyage. Périlleux, mais tellement plein de surprises.
Et je me disais que j'étais plus fait pour vivre dehors  qu'enfermé dans les murs d'une ville, si belle soit elle.

Rien ne valait les yeux de Fanette.

Je tirais la manche d'Antoine et lui glissais à l'oreille.

"Renvoie moi vite en mission dans les villages, je ne suis pas bien en ville......."

Dernière modification par antoine (18-01-2021 18:57:44)

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