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Communauté de Terre Noire

#1 20-02-2020 15:21:09

Guzim
RPiste
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Messages : 43

[RP LIBRE]Arrivée en Terre de l’Horizon

Moi, Seigneur Guzim, actuel Comte de Terre de l'Horizon, j’ai mené une vie d’esclave au service de mon maître, Al Kazim. Pendant vingt-cinq ans, j’en ai aujourd’hui quarante. Je l’ai servi comme garde du corps, puis comme capitaine.  Al Kazim est un riche marchand dans les terres lointaines et couvertes de sable blond que l'on nomme Les Terres Brûlantes, dans l’Empire Suddète.

Al Kazim est aussi prêteur, banquier. Il a longtemps supporté les dépenses dispendieuses de certains Seigneurs de Terre Noire. Un de ces Seigneurs, ruiné par le mauvais usage de son argent, ne savait plus comment payer ses dettes. Pour effacer l'ardoise, Al Kazim accepta un territoire, la ville et le domaine de Valembrum, dans le Comté de Terre de l'Horizon.

Peu intéressé par l'avenir de ces terres lointaines et glaciales, il les laissa en friche. Peu à peu, les habitants du domaine l’abandonnèrent pour fuir ces landes abandonnées et battues par les vents.

Quand je sauvais la vie du fils d’Al Kazim, déjouant une embuscade menée par des agents de Micléo Dacre, il me récompensa en m'affranchissant et en m’octroyant le domaine de Valembrum et le titre de Seigneur.

Après quelques mois de préparatif, je pris la mer pour ma nouvelle vie.

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Les flots remuaient la nef telle un fétu de paille. Nous étions ballottés sur le pont battu par les vents, régulièrement submergés par les vagues qui abattaient des tonnes d’eau glacées sur le pont. Mes hommes, une dizaine d’esclaves, la plupart des bûcherons, des carriers et des ouvriers agricoles, vomissaient, comme moi, leurs tripes par dessus-bord.
Le capitaine, pourtant, semblait confiant, nous gratifiant même de commentaires qu’il trouvait amusant :

- Allons, allons, marins d’eau douce, ce n’est qu’un petit grain de rien du tout.

Je ne sais si ce furent les effets des vomissements, de la tête qui tourne, des mouvements incessants du navire, ou si j’ai vraiment vu ce que j’ai vu, mais les esprits se sont manifesté à moi. Une poignée d’Ondines glissaient sur les crêtes des vagues tout en nous regardant avec gourmandise. Ce n’était pas des Ondines comme le décrivent nos légendes, de belles femmes langoureuses et voluptueuses, non, c’était des créatures bardées de piquants, à la peau grise et couverte d’écailles, armées de longs ongles et de dents pointues. Il s’agissait de véritables créatures de cauchemar en vérité. Elles se sont regroupées sur le sommet d’une vague et ont disparu. Et derrière elles, je vis enfin la terre. Nous étions arrivés sur le port de Terre de l’Horizon. Les Ondines, malgré leur aspect menaçant, nous ont montré le chemin du salut.

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Terre de l’Horizon est un comté abandonné de quasiment toute âme. Seule Dame Caline Noire, qui tient un petit domaine isolé, dont la principale activité est l’élevage de moutons, essentiellement pour la laine, et la fabrication de vêtements, vit encore sur ces terres dépeuplées, désolées et sauvages. La Dame est elle-même craintive, peu communicante et préfère rester isolée dans son domaine, répondant laconiquement à quelques-unes de mes missives.

La ville de Valembrum porte mal sa dénomination. Il s’agit en fait d’un hameau, dont la dizaine de maisons, que dis-je, de huttes, qui la compose, tombent en ruine. Déposés par le navire qui est reparti aussitôt, débarquant mes hommes, quelques chameaux et notre matériel en un temps record, sur le ponton vermoulu de la ville, mes hommes, leurs familles et moi, sommes restés un long moment hébétés devant ce champ de décombres. Péniblement, nous nous sommes mis au travail et avons commencé par extraire un peu de pierres d’une carrière abandonnée, couper du bois d’érable qui poussait dans une forêt non loin de la “ville”.

En quelques jours, nous avons rebâti des habitations dignes de ce nom, réparé et rénové le port de la ville, et dégagé un grand espace pour notre Nexus, cette grande place sacrée nous permettant de communiquer avec les esprits.

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Les esprits… Nous avons tenté de les contacter, mais ici, la terre est rude, impitoyable, et les esprits semblent plus sauvages, plus primaires. Notre chaman nous a conté que, dans ses rêves prémonitoires, il a vu les mêmes esprits que chez nous, mais ici, personne ne les vénère, ils ont peu de connexion avec le monde des vivants. Un soir, le chaman nous réunit tous sur le Nexus. Cette place, balayée par les vents humides, et dont la décoration n’est pas encore finie, nous paraît nue, hostile comparée à celles que l’on trouve dans les villes Suddètes. Il avait préparé une cérémonie grandiose, une bénédiction de Valembrum, et il nous annonça ceci :

- Mes frères, nous voilà sur une nouvelle Terre, très différente de celle que nous avons connue. Ici, les esprits, ici, ne nous connaissent pas encore et n’ont pas pour habitude d’interagir avec le monde des vivants. J’ai pu ouvrir le dialogue avec certains d’entre eux, ils nous observent et commencent à comprendre qu’ils peuvent désormais être nos amis. Mais ils se méfient de nous. Ils peuvent avoir peur de nous. Ils sont sauvages, violents, rudes, comme cette Terre.

Le chaman s’arrête, ferme les yeux et inspire profondément. Il allume une longue pipe, chargée en herbes sacrées, que l’on appelle camulet. Il fait passer la pipe à l’assemblée. Tous y tirent une bouffée, ouvrant leur esprit. La fumée bleue s’échappe du fourneau de la pipe pour disparaître dans la nuit sombre et humide. Il entame ensuite une danse chamanique pendant quelques minutes et reprend son récit.

-J’ai pu rentrer en contact avec l’Esprit du Hêtre. Un esprit puissant et ouvert qui vit sur ce lieu. C’est l’Esprit de cette ville, il est très présent et commence à comprendre que nous sommes ses amis. Nous prendrons donc l’Esprit du Bouleau comme Totem de la ville de Valembrum.

Le peuple fut rassuré par cette annonce. Nous allions enfin avoir la protection d’un esprit sur notre ville.

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Depuis le mur d’enceinte de Valembrum, je regarde avec une certaine affection les collines verdoyantes de mon domaine. Le vent humide, chargé d’iode, balaye mes cheveux. Je salue brièvement un des miliciens qui monte la garde. Je suis satisfait.

Des vignes s’étalent au loin, porteuses de promesses d’ivresses. Nous produisons un petit blanc dont nous sommes particulièrement satisfaits, même si la terre est un peu acide et que le soleil peut manquer, les ceps que nous avons importés du Nord de Suddète ont produit des raisins en quantité. Le sol calcaire leur plaît, visiblement. Je lance un grain de raisin par-dessus la palissade pour honorer l’esprit de la vigne, qu’il nous apporte l’abondance et la prospérité.

C’est le matin, le soleil darde ses premiers rayons. Les portes s’ouvrent et un groupe de bûcherons s’éloigne en direction de la forêt de hêtres qui se trouve non loin.

Depuis notre arrivée, il y a quelques mois, les choses ont bien changé. De nombreux serfs, puis des artisans, nous ont rejoints peu à peu de l’empire Suddète. La promesse d’un lopin de terre et d’une vie meilleure les ont attirés, et notre port a vu des bateaux chargés d’hommes et de femmes arriver en masse. Nous sommes maintenant près d’un millier, dont cinq cent soldats et ouvriers de toutes sortes. Nous avons développé notre port, et pouvons voir sur les plages de galets avoisinantes, des cadres portant des milliers de poissons en train de sécher. L’activité portuaire bat son plein.

Mais la grande fierté de Valembrum, ce sont ces nouvelles manufactures de meubles. Nous avons la Rue de l’Esprit du Hêtre, une rue bordée uniquement de menuiseries où les artisans redoublent de talent pour fabriquer les plus beaux meubles produits sur l’île. L’esprit du Hêtre, le totem de la ville, nous protège et nous fait prospérer.

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#2 25-02-2020 15:07:01

Guzim
RPiste
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Re : [RP LIBRE]Arrivée en Terre de l’Horizon

Ma tente de campagne est emplie de mes généraux. Oui, mes généraux. La petite troupe initiale, composée de quelques miliciens à mon arrivée, s'est transformée en une véritable armée qui dispose aujourd'hui de plusieurs centaines d'hommes. Nous sommes en train de discuter sur les opportunités de razzias dans les environs. Nous avons envoyé des éclaireurs partout où nous pouvions dans le comté de Soufflelieu. Le constat est que dans ces landes balayées par le vent, il y a beaucoup de terres abandonnées, de villages sans défense occupés par des paysans qui produisent quelques denrées. Une véritable aubaine pour mon peuple.

Heureusement, nous avons un allié de taille qui nous permet de stationner nos troupes chez lui. Nous lançons des attaques régulières sur ce Comté depuis cette base stratégique.

Nous avons notamment trouvé le domaine Comtal, celui du Comte Jean Gilian. Ce pleutre a caché son armé et a échappé à toutes nos tentatives d'enlèvement. La résistance a été très faible. Une dizaine de lanciers nous ont tenu tête lors de notre première attaque. Nous les avons balayés.

Nos attaques se sont alors succédées, à un rythme effréné. Les soldats entassaient des butins à chaque razzia, entassant des coffres de dacres, des ballots de laine, des troupeaux des bétail, du vin, des vêtements, des chariots complets de blé.

Justement, un détachement vient de rentrer du pillage du château Comtal de Soufflelieu.

Azim, un de mes éclaireurs, tout décoiffé et les vêtements couverts de poussières, demande une audience immédiate. Il se présente devant moi, un genou à terre.

- Ô grand Vizir, lors de notre dernière attaque sur le Comte Jean Gilian, nous avons rencontré une résistance qui sort de l'ordinaire. Le Comte Gilian doit être en train de monter une sorte d'armée. il y avait une vingtaine de lanciers.

Sans être inquiétante, la nouvelle me donne à réfléchir. Je remercie et congédie le soldat. Aussitôt, je prends ma plume, il est possible de tirer avantage du sursaut du Comte.

« Cher Comte Jean Gilian,

Comme vous le savez, mes hommes mettent à sac vos greniers, vos réserves, pillent vos villes et vos villages. Vous êtes dans une situation compliquée. Sans armée pour vous défendre, bientôt sans trésor parce que je vous aurais tout volé, je ne vois pas d’échappatoire pour vous.

Je vous propose de venir me rencontrer sur mes Terres, en la ville de Valembrum. Je vous y recevrais et vous proposerais une trêve, sous certaines conditions. Notamment, je vous demanderai de quitter votre citadelle pour venir dans la nôtre.

En attendant votre visite, je continue mes razzias.

Avec tout le respect dû à un valeureux adversaire, je vous prie d'accepter, Monsieur le Comte, l'expression d'une amitié à naître.
Comte Guzim de Terre de l'Horizon, Seigneur de Valembrum. »


Je remets le pli à un messager qui part au triple galop.

Dernière modification par Guzim (25-02-2020 15:09:44)

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#3 06-03-2020 11:33:28

Guzim
RPiste
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Re : [RP LIBRE]Arrivée en Terre de l’Horizon

Etrange terres que celles de Terre-Noire. Ces vastes contrées riches et fertiles semblent désertes. Partout où l'on va, on ne trouve que grandes étendues à l'abandon, comme si les habitants avaient fui précipitamment je ne sais quelle maladie ou malédiction.
Même, parfois, des armées traverses des domaines, et disparaissent, on en entend plus parler, comme si des fantômes hantaient ces landes désolées et balayées par les vents marins.

Sur mon dromadaire, alors que je sillonne mon domaine, je me rends compte de tout ce qu'il y a encore à faire, de toutes ces terres à exploiter. Le potentiel me semble énorme.

Soudain, une crampe à l'estomac me tord de douleur. Les Qadis m'ont averti, les esprits n'aiment pas cet endroit, trop froid, trop humide, trop sombre. Je ne suis pas le premier à avoir ressenti ces douleurs. Mes hommes ont commencés à être décimés par cette maladie. Et mes Qadis ne trouvent pas de remède. Elle est foudroyante et terriblement douloureuse.

J'aurais aimé poursuivre mes conversations avec le Comte Godoric, un homme bon. Mais les esprits en ont décidé autrement. Bientôt mon âme vagabondera elle aussi dans ces mornes landes, errant à la recherche de gens qui voudront me parler.

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Il ne fallut que quelques semaines à cette peste pour ravager le domaine de Valembrum. La ville est devenue une ville fantôme. Le vent souffle dans les rues, faisant virevolter des fanions à moitié déchiquetés. Les échoppes sont vides, les navires, sur leurs quais, ballotent doucement en attendant que les pêcheurs reviennent à leur bord. Mais ils ne reviendront pas. Il n'y a plus âme qui vive à Valembrum.

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