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Communauté de Terre Noire

#1 11-04-2018 11:46:36

Dame Roxanne
RPiste
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Messages : 26

Retour aux sources

Un navire marchand de capacité moyenne émergea des brumes matinales au large de l'isle.
Son capitaine un homme bien charpenté s'avança sur le pont vers la proue pour rejoindre une dame dont les deux mains tiennent fermement le bastingage, les yeux rivés vers l'isle.


« Ma Dame, quelles sont vos consignes à présent ? Mon navire ne pourra remonter le fleuve. »


La femme ni ne bouge ni ne dit mot.
Au bout de quelques instants, son visage se tourne vers le capitaine, sa voix est calme et posée, l'intonation claire ferme.

«  Déposez nous au port d'Alquain. Vous pourrez décharger vos marchandises dans l'entrepôt. Ensuite, vous pourrez disposer. Je ne pense pas que ce soit le meilleur endroit pour vos affaires en tout cas. Et faites moi envoyer Monsieur Galar je vous prie. »

Le capitaine se retira, elle l'entendit aboyer ses ordres et il ne fallut pas longtemps à la dame pour sentir le navire virer de bord.
Quelques instants plus tard, Galar apparu dans sa posture militaire qu'il n'avait jamais quitté.
Il claque des talons une fois arrivé à la hauteur de la dame.


«  Ma Dame ! »

« Monsieur Galar, je vous charge de nous trouver un chariot convenable ainsi que des chevaux pour notre trajet. »

Il leur fallu deux heures pour entrer dans le port d'Alquain. Un village côtier avec un quai pouvant accueillir le Milcar, leur navire.
Deux heures de plus furent nécessaire à Galar pour rassembler le nécessaire et c'est en début d'après midi que le convoi se mit en route vers l'intérieur des terres.

Ils étaient quinze à composer ce convoi, la Dame chevauchant en tête aux côté de Galar, deux hommes en armes les précédents, deux autres en fin de convoi, puis les familles des hommes présents entourant le chariot lorsque les enfants n'étaient point dessus.

C'est ainsi que Roxanne arriva sur l'île pour prendre possession du domaine que sa mère lui avait légué.
Elle comptait bien redorer le blason de sa mère en ces lieux. Le chemin allait être long, mais jamais elle ne s'en détournerait.

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#2 20-06-2018 14:36:25

Dame Roxanne
RPiste
Inscription : 28-03-2018
Messages : 26

Re : Retour aux sources

Les routes et chemins défilaient sous les pas de leurs chevaux. Le convoi avançait paisiblement au travers de terres qui avaient bercé l'enfance de la Dame.

Ces paysages inconnus qu'ils traversaient leur apportait la promesse d'un avenir meilleur.
Le convoi avait rapidement quitté les routes principales pour se retrouver sur celles moins fréquentaient qui serpentaient au travers de toute l'île.

Le convoi s'arrêtait dans tous les villages qu'ils traversaient, faisant le plein de vivres, échangeant quelques banalités avec les villageois.
La Dame tenait quand à elle des comptes sur tout ce qu'elle voyait.
L'état des routes, les lieux propices aux embuscades mais surtout les besoins de chacun.
L'installation dans son nouveau domaine ainsi que les améliorations qu'elle allait devoir mettre en place nécessitaient une petite fortune qu'elle n'avait malheureusement pas.
Mais elle avait tissé de nombreux liens, à commencer sur le continent et avait investi dans un navire de commerce qui ferait la liaison entre le continent et l'île.
En bonne commerçante qu'elle était, elle essayait d'établir la route la plus intéressante à ses yeux depuis son domaine jusqu'au port d'Alquain, tout en développant son réseau pour desservir les villages sur son chemin.

Le soir du troisième jour ils entrèrent dans une forêt imposante et retrouvèrent les deux éclaireurs au centre d'une clairière. Les habitants du dernier village leur avait conseillé l'endroit pour établir leur campement, un ruisseau passait non loin et l'endroit semblait correct.

La Dame trouva étrange que Clovis et le jeune Edin ne viennent pas à leur rencontre, elle décida alors de prendre elle même les devants en enfonçant ses talons dans les flancs de sa jument, laquelle  accéléra le pas sans broncher.
Galar commença à faire avancer sa monture également mais un regard de la Dame le fit se raviser.

Ce n'est que lorsqu'elle arriva à une dizaine de pas de ses éclaireurs qu'elle leva la main pour signifier au convoi de s'immobiliser.
Ce n'est qu'à ce moment précis aussi qu'elle remarqua les dagues pointant sous les gorges de Clovis et d'Edin. Deux hommes se tenaient derrière eux les tenant en respect avec leurs fines lames.
Un troisième lascar s'avança depuis les ombres de la forêt, et la Dame remarqua plusieurs bruissement dans les arbres alentours et compris rapidement la situation. Quelques hoquets de stupeurs retentirent depuis le chariot, mais la troupe conserva son sang froid.
Le troisième homme s'avança jusqu'à se trouver entre les éclaireurs et la Dame. Son sourire carnassier dissimulé derrière une barbe de quelques jours étudia lentement le convoi puis s'attarda sur la Dame devant lui.
L'homme ne ressemblait pas à un petit brigand mais plutôt à un ancien soldat reconvertit dans le vol et autres activités du même acabit.
Il prit une pose théâtrale et s'adressa à la Dame d'une voix forte et puissante pour que tous puissent l'entendre.

« Qu'avons nous là mes compaings ? Une gente dame et sa cours qui nous rendent visite ? »

Il se mit à rire de ses propres mots et plusieurs rires résonnèrent depuis les fourrés autour de la clairière.

« Vous êtes bien loin des grands axes noble dame ? Nous n'avons point habitude de détrousser si noble compagnie.. »

L'homme s'avança de quelques pas jusqu'à pouvoir caresser la tête du cheval.
« Qu'apportez-vous dans vos bagages et que faites vous par ici ? »

Il avait baissé le ton sur sa deuxième question.
La Dame daigna répondre au bout de quelques instants, laissant l'homme arriver à sa hauteur.

« Votre âme peut-elle être sauvée ? »

La voix de la Dame était d'un froid implacable, chaque syllabes pénétrait en vous comme un poignard glacé et vous saisissait jusqu'à votre âme même. Une phrase simple mais qui en disait beaucoup. Aucune peur dans sa voix, aucune hésitation. L'homme s'était attendu à de la peur, de la colère même mais en une petite question, il se retrouvait désarçonné, désorienté dans la marche à suivre.
La Dame laissa échapper aux pieds du brigand une pièce noire aux reflets pourpre. On appelait ces pièces, les pièces de sang. Elle attendit de voir la réaction du brigand.

Le regard de l'homme suivit la pièce tomber au sol, son regard s'attarda dessus, son visage changea de couleur lorsqu'il reconnut la pièce.
Il n'en avait jamais vu, seulement entendu parler. Les superstitions ; les croyances, cela a de tout temps guidé les hommes, et celles des pièces de sang sont des plus connues des hommes de l'ombres, voleurs et assassins.
Il se baissa, et ramassa la pièce qu'il fit rouler entre ses doigts, puis comme si elle était brûlante, il la lâcha tout en reculant, sortant son épée pour la brandir d'une main tout d'un coup peu sûre en direction de la Dame.

«  Qu... Qui... Qui êtes vous ? »

Lentement, la Dame releva sa capuche jusqu'à la faire tomber sur ses épaules, révélant ainsi une jeune dame à la peau trop pale pour la région, à la chevelue de noire jais. Une chaîne argentée parcourait son visage, un bijou stylisé très particulier et peu connu en dehors de certaines région de l'empire Téchozin.
La Dame ne lui répondit pas à lui directement, mais de façon claire et haute à toute la clairière.

«  Votre délivrance ! »

Après cela elle se mit à rire à voix haute suivit par le reste de sa troupe, même les deux éclaireurs.
L'ambiance changea du tout au tout et la nervosité commença à gagner les brigands.
L'homme qui tenait Clovis en joue se décala légèrement et lança à son chef.

« Qu'est-ce qu'on attend Berton ? On les tue et on les détrousse !! »

Il ne lui fallut qu'une ouverture, et celle ci était parfaite, la Dame releva prestement son bras révélant juste avant de la lancer, une lame parfaitement équilibrée qui fila se planter dans la gorge du voleur qui s’effondra dans un gargouillement ensanglanté. Clovis récupéra prestement une pierre au sol qu'il envoya dans la figure du deuxième homme retenant Edin. Ce dernier remarqua la manœuvre juste à temps pour s'en écarter mais laissant à Edin la place et le temps nécessaire pour maîtriser son adversaire.

Cela avait aussi suffit à la Dame pour descendre de sa jument et en deux enjambées se retrouver avec une dague sous le menton du dénommé Berton.

Une dizaine d'hommes sortirent alors de pars les fourrés dont trois archers, deux lanciers et le reste avec épée ou gourdin.
La tension était à son comble, les brigands avaient perdus l'avantage mais conservaient la supériorité en nombre. Leur chef cependant se retrouvait dans une situation délicate et sa vie était en jeu.
Le dénommé Berton leva son épée en l'air afin que tous le voient, puis la jeta à quelques pas. Ses hommes étaient encore indécis ne sachant comment interpréter ce geste et surtout ce que cela impliquait.

La voix de la dame vint briser ce silence.

« La délivrance de votre vie de péchés. Vous repentir …. ou mourir! »

Berton s'agita un peu et tendit son index vers le sol. C'est la pièce qu'il pointait du doigt.

« Une pièce de sang ! »

Les hommes du brigand s'agitèrent un instant, certains confus de ne pas comprendre l'allusion alors que d'autres, au visage blême suivant la déclaration, se rappelèrent les vieilles superstition.
Les pièces de sang étaient un signe, celui de la mort. A partir de là chaque région avait sa propre variante, celles des messagers de la mort, marque des assassins, marque du culte des morts mais toutes se rejoignaient sur un point. La mort n'était jamais bien loin lorsqu'une pièce de sang était dévoilée.
La Dame relâcha son étreinte et Berton tomba à genoux, elle se dirigea vers la pièce qu'elle ramassa puis continua jusqu'à Clovis et Edin qui tenaient encore un brigand en respect.
Elle fit tourner sur le dos l'homme qu'elle avait tué ouvrit sa main poisseuse de sang et y fourra la pièce. Elle posa sa main dessus en refermant celle du mort puis psalmodia quelques phrases dans un dialecte étrange. Elle récupéra ensuite sa dague et la nettoya sur la tunique du mort.

Lorsqu'elle se releva, elle trouva l'ensemble des brigands à genoux, leurs armes au sol devant eux.

« Ma Dame ayez pitié ! » croassa Berton

Roxanne s'arrêta à sa hauteur et déclara à voix basse pour que seul Berton puisse l'entendre.

« Le sang a été appelé. Le sang a coulé. »

Sans s'attarder plus, elle grimpa sur sa jument puis la talonna pour la faire avancer. Le reste du convoi l'imita sans sourciller.
Les bandits restèrent quelques instants hagards, puis une bonne partie d'entre eux se précipitèrent de détaler dans les bois tandis que quelques uns demeuraient encore sur place, regardant la troupe qu'ils se préparaient à piller quelques instants plus tôt, disparaître dans la forêt.

Leur chemin continua sans encombre jusqu'à déboucher sur une grande plaine. Au fond de la vallée se dressait une petite colline au pieds de laquelle trois chaumières étaient habitées.

C'est ainsi qu'ils arrivèrent à Croise Plume, cahin-caha , la troupe avait rencontré quelques revers lors de leur périple mais ils y étaient enfin. Le plus gros restait à faire.
Il était difficile de s'imaginer qu'une forteresse avait été bâtie sur cette colline et qu'une ville florissante.
L'empereur avait à l'époque ordonné le démantèlement complet du domaine. Et ce qu'empereur ordonne, est réalisé.

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