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Communauté de Terre Noire

#1 08-02-2018 23:36:46

Cyane
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Caspellis - Auberge des deux horizons

La réputation de l'établissement n'était plus à faire. S'y mêlaient commerçants et voleurs, officiers du guet en pause ou malandrins au palmarès à rallonge, le seul établissement de la capitale où règnait une trêve fragile entre les deux bords de la société de Terre Noire.
Depuis trois semaines une troupe de saltimbanques divertissait les clients. Jonglerie, lancer de couteaux, bouffonneries, tirage de cartes, chaque membre de la troupe était un spécialiste dans sa discipline -du moins c'est ce qu'ils affirmaient- mais le clou du spectacle, c'était elle. Oh à la voir il n'y avait rien de bien impressionnant c'est sûr, mais asseyez-vous, trouvez un recoin dans le bouge où vous caler confortablement, et laissez-la faire...

La salle est comble.
Les accortes demoiselles chargées du service entre autres prestations sont les seules à se mouvoir entre les tables surchargées. Le précédent numéro a bien vidé les têtes et suscité de forts applaudissements qui s'attardent encore un peu dans l'écho des plafonds. Place nette à présent, les accessoires sont rapidement repoussés le long des murs avec force raclements. Silence est fait.
Une silhouette sort d'une des chambres de l'étage et s'avance sur la coursive qui donne sur la salle principale. Elle s'appuie sur la rambarde, semble hésiter et ôte la capuche de sa cape. Les cous se tendent même s'il n'y a rien à voir. Pour l'instant. Dans ses bras se trouve un luth qu'elle accorde brièvement puis s'égrainent les premières notes. Douces, simples, elles posent le décor de la chanson et préparent l'esprit.

Car enfin après quelques mesures la voix de la chanteuse s'élève. Le timbre est encore juvénile, pourtant en tendant l'oreille les paroles empreintes de mélancolie peuvent dérouter. La jeune fille a descendu les escaliers et s'avance à présent parmi les clients. Elle semble détachée du décor mais prend le temps de regarder chacun comme si c'était à lui et lui seul qu'elle s'adressait. Seigneurs et manouvriers sont rangés sur un pied d'égalité devant ses yeux clairs, indifféremment réconfortés puis émus à nouveau.
Qui est cette personne dont parle la chanson ? Et ces événements sombres qu'on devine en trame, les a-t-elle vécus ? La mélodie ne ressemble pas à celles qu'on entend habituellement dans ces contrées. Mais avant qu'on ne puisse y réfléchir plus longtemps, elle atteint la scène de fortune et offre les derniers accords.
D'éventuels applaudissements n'ont pas le temps de se faire entendre car un violon qui s'est discrètement installé non loin prend le relais de la complainte. Cette fois c'est la joie qui est célébrée par de vibrants accords majeurs. La chanteuse s'est tue mais son corps s'anime au rythme de son partenaire de bois. Par de savants mouvements des épaules l'ample cape qui la recouvrait glisse et tombe à terre, révélant une tenue aux couleurs vives fendue le long des jambes qui la laisse libre de ses gestes. Attrapant un tambourin qu'on lui envoie depuis les "coulisses" elle se met à frapper en rythme et incite les spectateurs à danser avec elle en multipliant les sourires et les mimiques engageantes. Quelques-uns remis de leurs émotions se joignent même à la musique en improvisant un accompagnement de percussions sur la table.

La fête, la vraie comme seule elle peut exister à Caspellis, peut commencer et ne s'achèvera que lorsque tous les fûts de vins seront asséchés...

Dernière modification par Cyane (08-02-2018 23:46:39)


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#2 10-02-2018 00:31:25

Joss le Forban
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

L'aubergiste qui tenait le comptoir, fit le tour de la haute table de bois où était servit l'hydromel et autres boissons brassées. Il laissa soin à son apprenti de servir la vinasse aux premiers gens qui en redemandaient après leur 10e, non 20e verres, ... non ils ne le savaient déjà plus. L' aubergiste vint placarder sur les hauts piliers de bois, soutenant la bâtisse, une affiche portant des inscriptions venant d'une langue qui aurait pu paraître obscure pour la plupart, mais qui fesait l'origine même de chacun : cette langue était du Dibran ancien. Elle relatait une ancienne comptine.

L'aubergiste pris alors la première chaise qui se présentait, la retourna et s'assied à califourchon les deux pieds arrières ne touchant plus le sol et le dossier penché à l'avant. Et comme à son habitude dans son auberge conta des histoires d'il y a fort longtemps, des légendes qu'il avait entendu petiot.
Les habitués des lieux, rendus hébétés par les breuvages, vinrent s'installer autour de la table à écouter ce que le vieil aubergiste allait leur raconter. Ils plongèrent dans ces paroles, et leurs esprits partirent loin dans un tréfond d'imagination.


Un groupe d'Indépendantistes, une Armée d'Anges en gage de paix, des Ombres dans la lueur de la déesse Sphonie, et des Royalistes en fleurs du mal : rien de plus paradoxal, mais rien de plus étonnant en ces terres maudites !

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#3 10-02-2018 02:35:55

Cyane
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Pendant que l'attention de l'assemblée était absorbée par les paroles du conteur, des propos d'une autre teneur étaient échangés à une table plus loin. Deux hommes discutaient en jetant de temps à autre un coup d’œil à la jeune chanteuse qui partageait leur table d'un air absent. Le premier qui se tenait à côté d'elle était vêtu d'une livrée rouge défraîchie, ses cheveux bruns noués en catogan graisseux. Sa gestuelle était hardie, virulente alors que ses chuchotements enthousiastes tentaient de convaincre son interlocuteur. Ce dernier était un homme trapu à la chemise pas très nette qui ne disant pas grand-chose regardait fixement la demoiselle silencieuse. Peut-être qu'à un moment un voisin de tablée aurait pu entendre un discours qui pourrait ressembler à cela :

_ ...aurai pour mon argent.
_Elle sait tout faire vous dis-je ! Parole. Vous avez bien vu tout à l'heure.
_Mouais.
_ Tenez, pour ce prix je vous la laisse trois heures. Une-af-faire ! C'est que tout le monde se l'arrache, alors si vous n'êtes pas sûr...
_C'est bon. J'la prends. T'entends toi ? T'es à moi.
_Heum. Ne vous fatiguez pas, elle ne parle jamais en dehors de ses chansons.
_Pratique...

Sans plus de palabres une poignée de piécettes circula de main en main avant de disparaître dans un repli de la veste rouge. Les deux hommes échangèrent encore quelques mots entre eux. Puis le trio se leva -le même spectateur averti aurait pu voir de quelle poigne ferme le directeur de la troupe à chemise rouge menait sa danseuse- et rejoignit une des alcôves qui tenaient lieu de salons privés pour les clients en manque d'intimité. La chemise rouge ressortit seule et referma soigneusement les rideaux derrière lui. Un autre membre de la troupe, un colosse blond, arriva sur un signe de son patron et se posta devant. Autant pour empêcher les curieux d'assister gratuitement à un spectacle de haut niveau que pour garantir la sécurité de la jeune fille en cas de méprise.

Elle savait ce qu'elle avait à faire. Son numéro tout à l'heure n'avait été qu'un aperçu de ses capacités. Maintenant venait le plus difficile où il faudrait captiver son public mais cette fois sans musique. Un défi qu'elle relevait à chaque fois en y mêlant émotions et savoir-faire.
Les rangées de bijoux à son poignet droit s'éveillèrent en premier, scintillement ténu en prélude. L'homme s'était avachi dans d'énormes coussins soyeux aux teintes criardes et la regardait faire.
Son bras suivit et entama une série d'arabesques florales autour de son buste, révélant des motifs d'ocre brun sur sa peau. Elle allait raconter une histoire, la plus adaptée à ce dont le client avait besoin. C'était son talent, l'empathie, deviner ce qu'ils voulaient voir et leur offrir. En mieux. Elle lisait les corps et les mimiques comme des livres ouverts et puisqu'elle ne pouvait réconforter par ses paroles, elle faisait de son corps un instrument qui apaisait.
Depuis qu'on l'avait vendue au meneur de cette troupe elle s'exerçait sans relâche, mettant à profit les secrets appris il y a longtemps, si longtemps... Sa condition de serf ne lui échappait pas et elle s'imposait une discipline impitoyable pour peut-être, un jour, pouvoir payer sa dette et racheter sa liberté.
En vraie professionnelle aucun de ses propres sentiments ne transparaissait dans ses numéros. Il faut toujours distinguer vie pro et privée, n'est-ce pas ? Alors elle s'appliquait à connaître chaque muscle de son corps, jusqu'où allait la cambrure de ses reins, le moindre saut savamment contrôlé, rien ne lui échappait, il le fallait, il...
Alors qu'elle s'était mise à tourner lentement sur elle-même au son des grelots sur ses hanches, l'homme lui fit signe d'approcher. Ce qu'elle fit prudemment sans le quitter des yeux en traçant un chemin devant elle de sa paume tournée vers le ciel. Il émit un son proche du ricanement qui la mit mal à l'aise. Ce serait le premier à ne pas apprécier sa danse, que se passait-il ? Elle le regarda dans l'attente d'un signe, d'une instruction qui lui indiquerait comment poursuivre lorsqu'une main l'attrapa par le bras et la tira si brutalement qu'elle se retrouva assise sur ses genoux.
La jeune fille fronça les sourcils. Le charme était rompu. Pas de ça ! Elle chercha à se relever mais ses immenses paluches la ramenèrent irrémédiablement à lui. Alors elle comprit. Et chercha un secours du côté des rideaux mais ils étaient bien fermés et de toute façon, elle l'ignorait, mais son garde du corps avait quitté son poste sur un appel du chef de troupe prétextant avoir besoin de lui pour ranger les décors les plus lourds.
Déjà ses vêtements étaient dérangés par des caresses outrageuses. Une vague d'adrénaline la submergea. Elle ne pouvait crier sans trahir ce qu'elle avait de plus sacré. Ah ! Elle s'était enfermée dans son propre piège et l'absurdité de la chose lui revenait en plein visage. Étouffant un grognement elle balança un revers de coude de toutes ses forces dans le menton du type. A quoi s'attendait-il ? Elle était rompue à l'art de la danse depuis aussi loin que portait sa mémoire et si elle n'était pas très grande, des muscles fins mais robustes lui réservaient d'autres surprises. D'ailleurs en parlant de rompre, le "CRAC" mou qui se fit entendre lui fit savoir que son nez n'avait pas supporté la rencontre.
Profitant d'une seconde de confusion, d'espoir, elle le repoussa violemment pour regagner la salle mais tout aussi rapide qu'elle il avait lancé son pied dans ses tibias, la faisant tomber de tout son long. Sous le choc elle s'était mordu la lèvre et le sang coula sur son menton. Elle tenta d'attraper les tentures pour au moins les écarter mais ne réussit qu'à les agiter un peu. Le velours est si beau, si confortable... Si lourd. Il avait eu le temps de l'attraper par une cheville pour l'éloigner des draperies. De son côté elle commençait à céder à l'affolement et ruait comme elle pouvait, envoyant ses talons vers son visage avec une rage désordonnée pour lui faire lâcher prise, mais rien n'y faisait.
Elle était forte, mais il l'était bien plus. Plus grand, plus gros... plus déterminé...
Dans la lutte la table à trépied où était posé un pichet et deux gobelets de terre vacilla et tomba.

Elle le voyait bien, elle ne pouvait plus reprendre le dessus, juste repousser l'échéance au plus tard...

Dernière modification par Cyane (10-02-2018 02:44:36)


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#4 12-02-2018 00:32:50

Celedir
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Le réseau Indépendantiste à Caspellis n'était plus ce qu'il était, seul quelques agents était encore digne de confiance. Le comte n'avait pas le choix il devait se mêler à la populace pour glaner des informations. Quel meilleur endroit pour commencer que l'auberge des deux horizons, l'établissement le plus réputé de la Capitales, nombreuses sont les nouvelles qui transitent en ce lieu.
En entrant dans l'auberge il s'installa à une table proche du centre de la pièce et commanda une choppe de bière.
Au moment où on le servi, son attention fut attiré par une jeune femme se mettant à chanter. La Chanson était mélancolique et ne paraissait pas originaire de l'île. Il se perdit dans les paroles et le spectacle donné par la jeune saltimbanque.

Lorsque que la représentation fut terminée, Celedir commença à dialoguer avec deux marchands partageant sa table, il ne pu en tirer aucunes informations, si ce n'est une prochaine pénuries d'hydromel dans la capitale. Lassé de la conversation, le comte prit congé de ses deux "confrères" et se dirigea vers le comptoir. En ce faisant il passa à coté de la table où était assise la jeune chanteuses et deux hommes, ces derniers semblaient négocier quelque chose mais quoi ? Avant de comprendre de quoi il s'agissait les trois se levèrent et se dirigèrent vers une alcôve non loin. Ils furent vite rejoint par un géant blond. Le chef de troupe ressorti rapidement et rappela quelque instant après son colosse auprès de lui. Celedir compris... un profond mépris envers l'homme vêtu en rouge monta en Celedir, "une artiste ne doit pas être une marchandise !".

C'est à ce moment qu'il perçu un bruit sourd, tel un corps s'affalant sur le sol, personne ne semblait avoir entendu, leurs attentions étant concentrées sur l'aubergiste.
Il se rapprocha, se glissa derrière les rideaux de velours et découvrit la jeune chanteuse tentant de se dégager de son agresseur. Voyant le regarde du comte, l'homme empoigna sa victime et l'envoya valser à l'autre bout de la pièce. L'homme était puissamment bâti, bien plus que le Comte, il se rua vers lui et lui porta un coup au visage, Celedir tituba sous la violence du choque, pour autant il n'était pas encore hors combat. N'attendant pas l’assaut suivant il prit les devants et asséna à son opposant une série d'attaque rapide afin de le déstabiliser. L'effet escompté ne fut pas au suffisant et l'homme réussi se dégager, cependant sa fatigue commencé à ce faire sentir et contra-attaqua le Comte. N'arrivant pas à faire le flancher, il prit du recul et le chargea, trouvant ainsi une ouverture pour écarter Celedir de son chemin. La sortie de l'alcôve lui étant ouverte l'homme disparu derrière les épais rideaux.

Le Comte pesta, il quitta à son tour la pièce pour revenir quelques instants après, l'homme c'était échappé. Il s'approcha de la jeune femme et s’agenouilla difficilement a coté d'elle.

- Vous êtes en sécurité désormais, êtes-vous blessé ? 

La question pouvait lui être facilement retourné, son visage était couvert de sang, l'homme avait une telle force qu'il avait l'impression qu'on l'avait frapper avec une masse.


 Blason
Comte Celedir Dolasien, Maître de la Citadelle des Indépendantistes

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#5 12-02-2018 08:26:35

Joss le Forban
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

L'établissement avait été fait de façon à ce que cette petite pièce cachée derrière les épais rideaux ainsi que l'entrée de l'auberge était à peine visible du comptoir. Qui plus est notre bon vieil aubergiste tournait le dos au l'entrée de sa demeure, lorsqu'il entendu du bruit, il se dirigea au comptoir et demanda à son apprenti de lui faire passer ce qu'il y avait sous ses pieds.
L'apprenti s'exécuta, on entendait courir entre les murs...
Alors que le Comte regagnait la pièce, il ne savait qu'il était suivi peu de temps après par l'aubergiste armé de son arbalète (il l'avait récupéré lors d'un pari et ce dernier le défendais bien désormais)...
Le petit vieux passa les rideaux rouges menaçant les personnes qui s'y trouvaient de son arme.
Il rugit :
" - Quoi qu'il se passe ici, je ne veux pas de cela dans mon établissement ! Que ce soit vous ou n'importe qui, je m'en moque... Qui que vous soyez, je vais vous prier de quitter rapidement mon auberge...
Et vous avez fort chance que je ne vous fasse payer les dégâts !"

L'aubergiste se sentait puissant à ce moment là, devant les deux jeunes gens qu'il savait désarmé. Mais il fallait le dire son établissement était ce qu'il comptait de plus pour lui et son arbalète était encore ce qu'il lui permettait de le faire tenir debout...


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#6 12-02-2018 14:18:55

Cyane
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Le contact des mains rugueuses sur sa peau lui donnait la nausée. Ô Dieux, non ! Pas comme ça, pas ici ! Son visage se tordait sous l'effet du dégoût mais l'issue était inéluctable. Un homme libre pourvu de suffisamment d'or pouvait disposer comme il le voulait d'une esclave sans que personne n'y trouve rien à redire, n'est-ce pas ? Même si jamais on ne lui avait dit que ça finirait comme ça. Son honneur au plus offrant. Belle carrière ! L'espace d'une seconde elle se demanda si elle toucherait suffisamment pour racheter sa liberté. La seconde d'après elle se détesta pour avoir pensé cela.
Le sang envahissait sa bouche tandis que sa défense faiblissait, lorsqu'elle sentit son agresseur se figer. Avant qu'elle ait pu réaliser quoi que ce soit il l'envoya rouler dans un coin de la pièce d'une formidable détente. Sa tête heurta le mur assez fort pour la laisser groggy et roulée en boule. Elle perçut confusément les mouvements de la lutte qui s'engagea à côté d'elle sans pouvoir vraiment analyser la situation.

- Vous êtes en sécurité désormais, êtes-vous blessé ? 

La voix n'avait rien à voir avec celle de son agresseur. Son premier geste fut de se redresser en sursaut pour le prévenir du danger, mais un rapide coup d’œil lui indiqua qu'il avait quitté l'alcôve. Il n'y avait plus d'urgence, et elle avait envie de le croire. Son regard revint à lui et ses yeux s'agrandirent de surprise à la vue de son visage en sang. Faisant fi de sa propre lèvre éclatée elle fit signe que non et déchira sans pitié son costume de délicate mousseline pour tailler une compresse de tissu avec laquelle elle commença à essuyer ses traits. De toute façon il avait été déchiré bien avant. Ses fines mains tremblaient et elle esquissa un pâle sourire empli de reconnaissance.
Comprenait-il ?
Les dégâts causés par la bagarre étaient superficiels mais sans onguents appropriés il se pourrait qu'il garde des cicatrices. Ses gestes se firent un peu plus doux. C'était la première fois qu'elle avait autant besoin du secours de quelqu'un, d'habitude son fier caractère se faisant entendre sans qu'il y ait besoin de paroles et elle avait toujours su se défendre au sein de la troupe. Ce soir, c'était différent. Et sans son intervention qui sait ce qu'il serait advenu. La jeune fille prit conscience du danger qui la guettait désormais et son geste ralentit jusqu'à se suspendre à hauteur de la joue de l'homme. Si elle n'avait pas déjà été à genoux peut-être que ses jambes auraient flanché...
Un rugissement interrompit les soins.

" - Quoi qu'il se passe ici, je ne veux pas de cela dans mon établissement ! Que ce soit vous ou n'importe qui, je m'en moque... Qui que vous soyez, je vais vous prier de quitter rapidement mon auberge...
Et vous avez fort chance que je ne vous fasse payer les dégâts !"

Le patron de l'auberge venait de faire irruption dans l'alcôve et les tenait en joue avec une arbalète. Saisissant son sauveur par le poignet elle le tira en arrière et avança un genou pour s'interposer entre l'aubergiste et lui.
Un ange passa, instant de flottement durant lequel elle fronça brièvement les sourcils. Derrière lui les clients commençaient à affluer pour assister à la scène.

_CYANE !!

Le géant blond venait d'arriver sur les lieux, hirsute et abasourdi. Aussitôt un bras habillé de rouge le retint au niveau du torse pour l'empêcher de rejoindre la danseuse.

_Allons, du calme voyons. C'est un malentendu que nous allons régler entre personnes civilisées.

Les paroles doucereuses de son maître firent luire les iris de la jouvencelle d'un éclat sauvage.

_Un malentendu ? Regardez sa tenue ! Et baissez votre arme vous, quel mal voulez-vous qu'elle vous fasse !!

_Je suis sûre que nous trouverons une explication qui satisfasse tout le monde...

Bien sûr le géant avait vu avec qui elle était entrée dans la petite pièce aux tentures veloutées, personnage qui d'ailleurs brillait par son absence. Mais cet autre bonhomme avec le visage en sang, est-ce qu'il essayait de la tripoter aussi ? Non voyons, sinon elle le lui aurait indiqué. Il retrouva un semblant de calme.

Cyane -puisqu'à présent nous connaissons son nom- se releva souplement et s'approcha lentement de l'aubergiste et de son maître côte à côte, foulant de ses pieds nus les perles de ses bijoux brisés et les morceaux de soie épars. Le premier ne comprenait pas grand-chose à la situation mais visiblement mal renseigné l'avait déclarée coupable sans autre forme de procès. Au moins il avait arrêté de menacer tout le monde de son arme. Elle comprenait que la particularité de son établissement tenait dans l'ordre ténu qu'il y faisait régner. C'était d'ailleurs le seul établissement de ce genre dans la capitale.
Le second braquait ses petits yeux fuyants partout sauf sur elle, mal à l'aise.
La jeune danseuse face aux deux hommes demeura de longues secondes impassible, statue marmoréenne de la dignité bafouée. Les voilages déchirés qui s'accrochaient encore à son corps constituaient le seul élément mobile de son attitude.

Alors que les deux hommes allaient échanger un regard interrogateur, une petite main pâle fusa, vive comme l'éclair, et asséna une énorme gifle à l'aubergiste. Pour sa bêtise.
Les yeux de son maître revinrent se poser sur elle mais ce ne fut que pour se prendre la même, du revers. Pour les mêmes raisons. S'il avait voulu manifester sa colère un crachat au visage fut plus rapide. Pour sa trahison.

Puis elle obéit. Le tenancier ne voulait plus la voir ici, soit !
Le cœur battant à tout rompre, Cyane bouscula sans ménagement les badauds et sortit en courant de l'auberge.
La nuit était bien entamée, le froid la saisit en plein mais elle ne s'arrêta pas. Elle courut à s'en écorcher les pieds sur les pavés jusqu'au mur d'enceinte de la ville et monta quatre à quatre les marches qu'empruntait la garde pour monter jusqu'aux remparts. Un Dieu bienveillant devait l'avoir prise en pitié car à ce moment deux équipes échangeaient leur quart à l'intérieur d'une guérite et ne virent pas la silhouette effarée qui semait des perles de verre derrière elle s'engouffrer sur le chemin de ronde.

Quand elle estima que plus personne ne pouvait l'atteindre ici, Cyane s'arrêta. A bout de souffle, plus d'émotion que de fatigue, elle se cala en plein vent entre deux créneaux et ramena ses jambes contre elle.
Et maintenant, que faire ? Sous elle, le vide. Pas très engageant. A l'auberge, ce maître perfide qui la punirait pour son insolence ce soir avant de retenter son affreux marché. Pas plus engageant.
Elle adressa une prière muette à sa déesse dans l'espoir d'un signe et posa son front contre ses genoux.

Dernière modification par Cyane (22-02-2018 00:12:01)


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#7 16-02-2018 09:24:21

Joss le Forban
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Les gardes, en tenue complète, firent le tour de la haute place qui desservait le domaine et quelques autres bourgs. Ils prirent soin d'appréhender les serfs et leurs besaces, qui aux premiers passants mandaient 5 - 10 dacres,... ils ne survivaient plus... Les gardes vinrent se placer sur les hautes murailles de pierres, entourant Caspellis. Ils s'affairaient. Porteur de la distinction qui vante les leaders, ils pouvaient être de vrais obstacles pour les pillards, mais ce qui fesait l'ordre même : c'est que chacun de ses leaders étaient d'anciens brigands. Ils relaxaient leurs anciens crimes.

Un des gardes prit les premières braises qui se présentaient pour retrouver assez de clarté. Douchant les deux pans de lumière, il chercha plus au sol, si un peu de poussier était posé en aval. Et comme d'habitude, son aubaine comptait sur l'histoire d'un fort, longtemps agencé pour avoir retenu les chariots. Les habitants icelieu, et individus héberger par le voisinnage, ne virent cet instant aussi peu fiable, ce que la ville fut objet de sûreté ! Les gardes longèrent les parois, et il leur pris de partir, néanmoins, en direction de la discrète Cyane.


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#8 17-02-2018 12:39:44

Adil Gordion
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Gaston était fourbu après le long voyage qui l’avait mené jusqu’ici. Pourtant il avait encore fort à faire pour son maitre avant de devoir reprendre la route. D'ailleur Il était en grande conversation avec un autre homme à ce sujet lorsque les évènements se produisirent.

« … Je t’assure que les seules informations qui m’intéressent sont… »

Quand soudain les yeux éberlués il vu le comte Celedir se jeter dans une alcôve. Que pouvait bien faire un tel personnage dans un lieu aussi malfamé ? Très vite ce dernier prit l’avantage sur l’homme qu’il venait d’agresser. Gaston n’avait pas très bien compris ce qu’il venait de se passer avant de voir le comte rassurer une femme qui en retour s’empressa de le soigner. Quel gâchis pensa Gaston en reconnaissant la jeune artiste qui s’était produite peu de temps auparavant. Trouver des filles de joie n’était pas bien difficile. Alors qu’une artiste de talent était une denrée rare. Ainsi lorsque la jeune femme prit la fuite en giflant l’aubergiste et son maitre Gaston se décida à se lever abandonnant pour l’heure son hôte afin de rejoindre la jeune femme. Il eut d’ailleurs le plus grand mal à suivre sa fuite éperdue à travers les ruelles sombres de la ville. Pour finir il arriva sûr un chemin de ronde sur les remparts. Il ne fallait pas être devin pour savoir quels tourments elle devait affronter. Ainsi alla-t-il se placer sur le créneau à côté d’elle et après quelques secondes de contemplation il prit la parole.


« Bien qu’il fasse un peu frisquet la vue est magnifique vous ne trouvez pas? »

Sans lui laisser le temps de répondre, il enchaina tous en lui tendant sa cape.


« Il est saisissant de voir à quel point prendre ainsi de la hauteur peut changer la vision du monde qui nous entoure. Mais je m’égard et je ne me suis même pas présenté, Gaston pour vous servir ! Si je puis me permettre il n’est pas très prudent pour une jeune femme de sortir seul aussi tard le soir. Les rues sont dangereuses à cette heure là."

Tenez à quelques lieues de là et il a seulement quelques instants une jeune femme s’est fait agresser. Bon il est vrai que dans son malheur la pauvre a eu la chance d’être secourue par le Comte Celedir en personne. Le destin peut nous réservé de drôle de surprise parfois. Vous ne trouvez pas ?
Quoi qu’il en soit je n’aimerais pas être à la place des pauvres bougres qui ont ainsi osé s’en prendre ou contrarier un noble de si haut rang. Et nul doute que si j’étais l’une de ces crapules je payerais grassement la demoiselle pour que mon nom ne soit pas cité auprès du comte dans l’espoir de ne pas finir pendu au bout d’une corde. "

Voyant les gardes approchées au loin il ajouta en les désignant.

"Mais je parle, je parle. Une vraie pipelette! Souhaitez-vous que je vous raccompagne en lieu sûr? À moins bien sûr que vous ne préfériez une visite privée des geôles de la ville? »

Dit-il pour conclure

Dernière modification par Adil Gordion (17-02-2018 12:43:58)

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#9 18-02-2018 13:09:07

Cyane
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Cyane luttait pour ne céder ni à l'abattement qui suit les coups de sang, ni à l'engourdissement qui montait le long de ses membres offerts au froid. Mais au fond de son être à l'apparence vulnérable couvaient des braises qui cette nuit semblaient vouloir s'éveiller en feu vif.
La jeune fille roulée en boule ferma les yeux et tenta de vider son esprit, d'ouvrir ses sens au moindre changement des choses qui indiquerait que les dieux avaient entendu sa prière. Un frisson le long de son échine, un bruit de pas feutrés lui indiquèrent qu'elle n'était plus seule.
A nouveau prête à bondir hors de portée des visiteurs elle rouvrit les yeux pour observer à travers ses cheveux sans quitter sa position. La vue d'un homme seul la rassura à moitié. Se dépliant à gestes mesurés elle le regarda s'arrêter non loin. Il n'avait pas l'air agressif mais mieux valait rester prudente. Entre deux âges, l'obscurité ambiante l'empêchait d'être plus précise. Puis il se mit à parler, évoquant le paysage qu'une nuit glaciale sans nuages accentuait les arrêtes de reflets argentés. Sur le parapet derrière et les créneaux devant eux le givre commençait à déposer une poussière brillante. Cyane frissonna violemment.
Il dut s'en apercevoir car il défit l'agrafe de sa propre cape pour la lui tendre. La danseuse la considéra longuement, puis lui, puis à nouveau le vêtement avant de pivoter et poser un, deux pieds par terre. Elle ignorait encore si elle pouvait lui faire confiance mais pour le moment elle profiterait au moins de ce qu'il proposait. Par contre qu'il n'espère pas l'amadouer avec si peu ! Elle les connaissait, les hommes aux belles manières qui espéraient plus que ce qu'elle souhaitait offrir. Enfin, on verrait bien...

Elle le remercia d'un bref signe de tête et essuya le sang figé qui ornait son menton avec le tissu de bonne qualité. Oups.
Mais déjà il continuait son discours et elle écouta.
Ainsi son sauveur s'appelait Celedir. Mais, mais... Un comte ?? Il était comte ! Son visage exprima la plus grande surprise tandis qu'elle fermait les pans de l'ample cape autour d'elle. Pourquoi avait-il fait ça ? D'habitude les nobles ne se préoccupaient que bien peu du sort des esclaves, tout au plus les regardaient-ils une fois dans leur vie pour juger de leur santé au moment de leur acquisition. Et encore, quand ils ne déléguaient pas cette tâche à un intendant. Non, vraiment, la jeune fille ne comprenait pas... Son regard se porta un instant sur la voûte étoilée comme si elle espérait qu'une main titanesque en sorte brandissant un panneau avec "CECI EST UN SIGNE" écrit dessus en grosses lettres. 'voyez.
La mine un peu ahurie elle se reconcentra sur Gaston pour ne pas perdre le fil. L'air de rien on aurait dit qu'il lui indiquait la marche à suivre pour échapper à ses ennuis. Le formidable élan qui commençait à l'emporter retomba aussitôt. Avec un sourire plein de tristesse elle recula et posa un petit pied sur le parapet. Là, autour de sa cheville découverte la chaîne aux gros anneaux accrocha un rai de lune. Cyane la tapota de son index, signifiant par là que son hypothèse ne s'appliquait pas à elle. Avait-il compris ce qu'elle était ?

Pas le temps de le vérifier car il avait repéré avant elle une colonne de gardes qui venait à leur rencontre. La jeune blonde rabattit rapidement le tissu sur sa cheville et passa son bras sous celui de Gaston. Est-ce que son maître mécontent les avait envoyés à sa recherche ?? Décidément il ne lui laisserait aucun répit !
Pour répondre à sa question elle se rapprocha de lui comme s'ils n'étaient qu'un couple venu chercher un peu de tranquillité ici. En espérant qu'il joue le jeu, et qu'eux passent leur chemin.


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#10 18-02-2018 17:38:35

Joss le Forban
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

L'enceinte avait été faite de façon à ce que ces petites parties cachées derrière les épais créneaux (ainsi que les infiltrés de l'auberge) étaient à peine visible du couloir qui les longeait. Le bon vil cortège tournait en haut de l'entrée Nord, lorsque s'étendu une ombre dans la nuit : il s'y dirigèrent pour voir, et se mandèrent, à son apparence, ce qui passait, ce qu'il y avait sur les pierres au loin.
Approchant, cette exagération tendait à grandir sur les murs...
Alors qu'ils comptaient gagner le spectre, ils ne savaient ce qui allait suivre. Peu de temps après, les gardes s'étaient armés de leurs épées (ils les avaient dégainé par peur), ces dernières leurs serviraient bien mais...
La grande ombre qui sortait des créneaux, menaçant les gardes, se trouvaient être deux jeunes âmes.

Surpris, un garde dit :
" - Quoi ! Que faites-vous ici ? Je ne veux personne là sans mon consentement ! Que ce soit vous ou n'importe qui, que je m'en assure ! Mais vous voyez, je ne vais me faire prier et vous acquitter de ceci tout simplement en me suivant... Et vous avez fort chance que je ne vous fasse passer aux fers  !"

Les gardes se sentaient impuissant à ce moment là, devant les deux jeunes gens qui s'étaient enlacés. Mais il fallait le dire, cet avertissement était ce qui comptait le mieux pour eux, éviter des ennuis en plus était encore ce qui leur permettait de tenir debout...


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#11 18-02-2018 22:29:53

Adil Gordion
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Gaston était plutôt jeune il ne devait pas dépasser les 19 ans. Mais il avait déjà vu son lot de pauvretés et de malheurs. Ainsi lorsqu’elle lui désigna la chaîne aux gros anneaux qu’elle portait à la cheville il ne mis pas longtemps à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un bijou. Poussant un soupir il comprit qu’elle devait être un esclave ou du moins traité comme telle par son tortionnaire.

En revanche il ne comprenait pas pourquoi elle ne lui avait pas encore adressé la parole. Son maitre ne lui avait pas coupé la langue puisqu’elle chantait merveilleusement bien. Surement devait-elle être encore choquée par ce qu’il venait de se passer et intimidée par sa présence. Pourtant au vu de son attitude qu’il trouvera plutôt sereine il avait un doute là-dessus.
Malheureusement il n’avait pas le temps d’y réfléchir plus longtemps que déjà elle lui attrapa le bras. Lui qui avait espéré s’enfuir avant l’arrivée des gardes resta interloqué quelques instants devant cette stratégie inattendue. Surtout après ce qui venait de lui arriver. Quelques instants de trop qui permit aux gardes d’arriver arment au point. Incitant la belle à se rapprocher de lui. Il lui chuchota alors.

« Oh quelle fougue! Je vous, en prie, nous ne sommes pas seules et j’en suis terriblement gêné »

Dit-il avant de la serrer plus fortement contre lui. Tournant la tête vers les gardes qui venait de leur parler il leur répondit.

« Du calme mes amis cette jeune dame ne mort pas. La pauvrette n’a plus toute sa tête en ce moment. Et j’ai eu tout le mal du monde à la rattraper avant qu’elle ne fasse une bêtise. Mais promis cela ne se produira plus. Je louerai à Navas pour votre clémence. »

Dit-il avant d’entrainer la jeune femme toujours serrée contre lui dans l’escalier pour gagner la rue. Une fois hors de portée d’oreilles, mais pas de vue des gardes il lui dit.

«Vous savez même s’il n’a pas mon charme fou il est fort mal poli pour une jeune demoiselle de fuir ainsi son Comte. Et si nous allions le retrouver pour le remercier comme il se doit ? Ah moins bien sûr que vous préfériez que je vous invite à diner. C’est que toutes ces émotions, ça creuse ! »

Dit-il d’un ton taquin.

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#12 21-02-2018 02:07:19

Cyane
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Ouf ! Il semblait adhérer à sa combine et même en rajouter. Un peu plus que nécessaire, même. En entendant ses paroles elle émit un grognement sourd et profita de leur proximité pour lui marcher sur le pied. Et toc. Un sourire espiègle à son attention le rassura sur son humeur réelle. Mais rapidement il la ramena à lui et elle se reconcentra sur les gardes. Ils allaient arriver à leur hauteur et leurs mines n'avaient rien de rassurant. Encore moins leurs lames tirées au clair... Le moins qu'on puisse dire est qu'ils les interpellèrent de façon pas très amicale.
Et bin, elle en avait de la chance à en croire tous ces gens. D'abord l'aubergiste, puis ces gardes qui lui annonçaient que, vraiment, la bonne fortune lui souriait d'avoir affaire à eux. Tu parles.

Cyane s'appliqua à jouer les ingénues ayant un peu trop bu et fit mine de trébucher. Gaston quant à lui ne se laissa pas démonter non plus et répondit en faisant les présentations. Elle put apprécier son sens de la diplomatie et son sang-froid et remercia intérieurement les dieux de lui avoir fait croiser sa route à point nommé. Afin de ne pas attirer l'attention sur son manque de prise de parole elle évita de croiser leur regard. Facile, la capuche de la cape offrait l'ombre nécessaire à cacher ses traits.

Enfin le couple improvisé dépassa le groupe de gens d'armes et elle pu respirer plus librement. Pas question toutefois de faire n'importe quoi puisqu'ils pouvaient encore être surveillés, alors notre blondinette resta accrochée au bras de Gaston. Qui en profita pour faire étalage d'un humour à toute épreuve. Elle l'observa à la dérobée et conclut qu'il ne devait pas être bien vieux, même si de toute évidence il l'était plus qu'elle.
Des gens bien, elle n'en avait pas croisé beaucoup durant sa vie d'esclave. Et c'était normal, dans l'ordre des choses de ne pas s'inquiéter du sort d'un être privé de sa liberté. Alors en rencontrer deux en une nuit, imaginez ! Elle ignorait encore jusqu'à quel point ils l'aideraient, mais les rudes épreuves traversées avaient doté la jeune fille d'un instinct solide. Et ce dernier lui soufflait, tout bas, de baisser un peu sa garde pour les laisser approcher.
Jusqu'où ?

D'une légère torsion du buste elle échappa en douceur au bras qui la retenait et se mit à courir à petites foulées. Les rues étaient si calmes que le bruit de sa respiration venait seul troubler le silence glacé des murs de pierre et de bois. Sa chevelure défaite depuis longtemps finit par s'échapper de la capuche doublée et répandit un peu d'or dans son sillage. De temps en temps une perle tombait de son costume en lambeaux et rebondissait par terre dans un bruit cristallin. Cyane ne sentait plus ses pieds, pourtant son allure n'avait rien perdu en grâce. Son mental, ses pensées étaient déjà ailleurs car elle avait laissé le comte Celedir dans un état incertain dont elle était responsable.

L'auberge en vue, elle se retourna en souriant pour voir où traînait Gaston et lui fit signe d'accélérer le pas.


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#13 22-02-2018 01:12:02

Joss le Forban
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Assis au bord d'une table, les vibrations environnantes arrivaient jusqu'au creux de ses oreilles, le récit était prenant et voilà que son imagination prenait le dessus sur le reste, tout était peut-être encore lié aux informations qui circulaient dans l'air. Un flou ambiant était apparu et voilait la vue. Mais très clairement, un homme se présentait à une jeune fille, elle était joliment vêtue et lui était petit et robuste. Puis un instant plus tard, il avait pris la fuite, un peu guinguois, il n'avait pas aimé la rencontre de ce jeune homme qui était venu en chevalier servant. A ce dernier, on lui intima de se retirer à l'extérieur si il tenait à sa vie. Mais le danger avait été écarté par quelqu'un qui tenait beaucoup à cette fille. En tout cas, ça ne semblait pas être si réciproque lors de sa fuite. On la revoyait dans un abri, abri pas si protecteur que ça... Accompagnée dans un premier temps, elle le quitta aussi tôt pour retourner au lieu premier... Un bruit retentit dans tout son crâne, ce dernier venait de heurter la table, la fatigue et la consommation peut-être excessive l'avait assommé mais à présent réveiller, il entendait du bruit dans une pièce à côté, et l'aubergiste qui avait terminé son récit un peu trop tôt c'était levé. Étrangement, tout ceci semblait coïncider à ce que son esprit venait de lui faire vivre... est ce que ça allait se passer à l'identique ? Tournant la tête vers l'entrée, il voyait déjà l'homme trapu en chemise partir en courant...


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#14 22-02-2018 21:18:06

Adil Gordion
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

La belle s’échappa en douceur de son emprise avant de s’éloigner à petites foulées sans prononcer un bruit. Cette fois Gaston tiqua sur son silence. Elle avait chanté divinement bien elle n’était donc ni sourde ni muette. Alors pourquoi diable gardait-elle le silence ? Ce n’était assurément pas la timidité ou le traumatisme qu’elle avait vécu. Son bourreau l’empêchait-il de parler en dehors de ces représentations? Étonnamment d’ailleurs lors de son agression elle s’était visiblement défendue sans le moindre cri au point que lui-même ne se doutait pas de ce qui était en train de se passer. Son instinct lui criait que cette jeune femme cachait un secret. Un secret qui lui interdisait de parler? Une promesse à tenir ? Gaston adorait par-dessus tout dénicher le secret des gens une lubie fort utile dans son milieu. Et même si le temps manquait et que cette jeune femme n’était pas l’une de ses cibles il se promit de prendre le temps d’approfondir le sujet.

Tout en réfléchissant à cela il ne se priva pas de reluquer sans pudeur la jeune femme en train de s’éloigner en trottinant dans ça tenue légère et déchirée. Les cheveux blond dénudés battants au vent alors que des perles tombaient de son costume. Il prit même le luxe d’observer la chair de poule qui s’était emparée du corps de la pauvrette. Décidément une femme aussi belle, avec de tels talents d’artiste. C’était dommage de ne pas en profiter. Il eut alors ce qu’il qualifiait d’idée de génie. Il avait pensé qu’il pourrait tenter de la convaincre de se produire auprès de son comte. Non seulement il pourrait alors marquer des points avec ce dernier, mais en plus il aurait tout le loisir de tenter de percer le mystère de la jeune femme.Haussant les épaules il se décida à se mettre à courir à son tour pour la suivre.

Lorsqu’il arriva devant l’auberge, il vit le comte en pleine discussion avec ces gardes. Il pressa alors le pas pour arriver au niveau de la jeune femme qui lui souriait de façon tout à fait charmante. Faissant une courbette protocolaire devant le comte il déclara le plus sérieusement du monde.

«Comte Celedir, Gaston marchand itinérant pour vous servir. Je vous prie de bien vouloir me pardonner mon intrusion. Mais cette jeune femme auquel vous avez porté assistance il y a quelque instant c’était perdu dans les dédales de votre belle cité. J’ai jugé plus prudent de la ramener ici pour la confier à vos bons soins. Je me permets à ce propos de vous signaler qu’elle porte des chaines aux pieds. Ah moins qu’elle ce soit échappé d’une de vos prisons J’ai peur qu’elle ne soit retenue quelque part contre son gré. Auriez-vous l’amabilité de vous pencher sur son cas ?»

Puis prenant la main de Cyane pour lui faire un baisemain qui s’éternisa il déclara.

« Gente Dame je crains que nos chemins doivent déjà se séparer. Mais je suis descendu à l’auberge « au clair de lune » pour les deux prochains jours. Et j’espère vous y revoir si vous en avez l’occasion. Outre le plaisir de votre compagnie, je connais notamment quelqu’un qui serait prêt à rémunérer grassement une artiste de votre niveau.

Puis ce redressant.

"Sur ceux si vous n'avez plus besoins de moi."

Gaston resta quelques instants à observer si quelqu’un souhaitait lui parler avant de se retirer et retrouver l’homme qu’il avait laissés en plan quelques instants plus tard.

Dernière modification par Adil Gordion (22-02-2018 21:50:01)

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#15 26-02-2018 21:31:28

Celedir
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Se relevant péniblement Celedir tendit une légère bourse de dacres a l'aubergiste afin de calmer définitivement son esprit. La somme parut satisfaire l'homme, qui était sans nul doute plus que suffisante pour réparer les quelques casses dû à l'altercation.
Le Comte déclina alors son identité à aux compagnons de la jeune femme, jeta une regarde noir au chef de la troupe puis sorti de la l'auberge. Dès qu'il arriva dans la rue, voyant sa figure amoché, quatre hommes virent à sa rencontre en l’interpellant. Ils portaient des habits sombres, cependant une personne attentive pouvait aisément apercevoir sous leurs manteaux un tabard arborant un oiseau blanc dos à un autre rouge. Le Comte était en immersion dans la populace mais il aurait été imprudent de parcourir la cité la protection de quelque hommes d'armes.
Celedir leur expliqua la situation et décrivit avec précision le fuyard. Il envoya l'un de ses hommes auprès du reste de sa troupe et un auprès de la garde de Capellis afin de retrouver le mécréant.
Il commençait à peine évoquer la jeune artiste afin que ses hommes la retrouve et qu'il l'escorte jusqu'à lui au moment ou un marchand l'interpella précédé de la jeune femme.

- Gaston, il n'est pas nécessaire de vous excusez. Vous avez ma pleine reconnaissance pour l'avoir ramener jusqu'ici. Vous venez de soulager mes hommes de la rechercher de cette Dame, ils vont pouvoir s'atteler a retrouver son agresseur.

Il se tourna vers Cyana, la pauvre était tremblante et ses habits en piteuse état.

-Ma Dame, je suis navrés je n'ai pu me présenter convenablement auprès de vous. Je suis le Celedir Dolasien Comte Indépendantiste de Boemauth pour vous servir. Mais rentrons au chaud dans l'auberge, prenez quelque chose à boire et à manger pour vous réchauffer. Ensuite quelques éclaircissements de la part de votre chef de troupe s'imposeront. 


 Blason
Comte Celedir Dolasien, Maître de la Citadelle des Indépendantistes

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#16 02-03-2018 13:08:44

Cyane
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

La presque-plus-adolescente ralentit le pas en voyant une petite troupe devant l'auberge. Étaient-ce des sbires à sa recherche ? Mais la vue de Celedir en discussion avec eux la rassura instantanément. Gaston la dépassa et entama un dialogue cordial avec le comte comme comme quelqu'un qui a l'habitude de s'adresser aux nobles. Elle eut un sourire amusé en se demandant ce qu'il ne savait pas faire. Des miracles ? Et encore, l'épisode de cette soirée serait peut-être considéré comme tel dans quelques années...
Lorsqu'il s'avança pour lui prendre la main elle se prépara à une solide poignée de main mais de cela il ne fut pas question car c'est un baisemain (le premier de sa vie !!! ) qu'il lui réserva. La blonde ingénue ouvrit grand les yeux d'étonnement ne sachant momentanément plus que faire, dardant à droite et à gauche des coups d’œils embarrassés. Lorsqu'enfin il rendit à sa main sa liberté, elle vérifia qu'il n'en manquait pas un morceau. Bah, hé ! Elle aurait l'air maline sans ça. Au pire elle irait le lui réclamer à l'auberge indiquée.

A son départ elle éprouva un mélange de reconnaissance et d'enthousiasme qui fourmilla jusqu'au bout de ses membres. Ou peut-être était-ce le froid ? Elle s'emmitoufla de plus belle dans la belle cape doublée (et inventa le concept du rouleau de printemps par la même occasion) et se mit à sautiller sur place pour se réchauffer. Le comte se tourna vers elle et surprit sa danse de St Guy sans paraître s'en émouvoir. Un homme admirable.
Vint le temps des présentations officielles, à l'énoncé desquelles elle s'inclina respectueusement. Lalalaaaaa un comte, chantait une petite voix dans sa tête. Lorsqu'ils entrèrent à nouveau dans l'établissement la plupart des regards se tournèrent vers eux. Au fond les saltimbanques interrompirent momentanément leurs activités pour la regarder et vérifier qu'elle allait bien et parmi eux le géant blond la suivit des yeux d'un air grave. L'homme en chemise rouge pressait un cataplasme sur sa joue marquée comme si de rien n'était. A chacun elle adressa des sourires rassurants. A ceux qui la regardaient sans bienveillance elle opposa simplement sa belle démarche calme et un port de tête digne d'une reine.
Ils allaient s'attabler lorsqu'une mini tornade fusa de sous une table pour se précipiter à toute vitesse sur la jeune fille.

_Cyaneuuuu !! T'étais oùùùù ?

C'était une voix de petit garçon, à moitié étouffée du fait qu'il était pris tel un moucheron dans les replis de l'immense cape. Cyane tourna sur elle-même pour l'y emmailloter plus encore puis profita de ce que la tête de sa petite victime commençait à tourner pour fondre sur lui et plaquer un grand baiser sur sa joue ronde. Le gamin, six à sept ans tout au plus, se mit à rire et se laissa tomber pour échapper par-dessous à l'emprise de la cape. Avisant Celedir il alla se planter devant lui les poings sur les hanches.

_T'es qui, toi ? Moi ch'uis son chevalier ayors prends garde à c'que t'y fais !

Le mini justicier en herbe aux cheveux châtain broussailleux défiait du regard le digne comte d'un air tout à fait sérieux. Derrière, la jeune blonde s'était assise et tentait de disparaître derrière ses mains...


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#17 05-03-2018 11:35:35

Joss le Forban
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Si tout c'était passé tel qu'il l'avait imaginé, on n'en saurait jamais rien. Voilà que peu de temps après la fuite de l'homme trapu (le temps de changer de tablée), la jeune femme réapparaissant à l'entrée de la taverne, bien accompagnée... mais pas du même homme que celui des remparts, plutôt celui du "chevalier servant", qui d'ailleurs ne lui semblait pas si méconnu que ça. Depuis 10 minutes, notre jeune personne (un peu en état d'ébriété) avait regagné la table de son confrère, celui-ci avait repris la conversation avec le marchand Gaston...
Ce dernier ne semblait pas très enclin à lui donner réponse. Avec difficulté à parler tant sa tête paraissait lourde, voici ce qui lui fut dit :

" - Ce n'est pas compliqué, Gaston, ... il vous suffit juste de donner ... toute information le concernant, ... auquel cas, il vous sera plus difficile de commercer... Je vous assure que cet homme ... est plus à craindre que nous..."

Se levant de nouveau, alors qu'il avait abandonné auparavant son acolyte pour la boisson, il se dirigea en direction du trio qu'il avait aperçu.
S'adressant à la dame blonde et à celui qui l'accompagnait, d'une voix un peu forte :

" - C'est un bien beau petit gnnnnard que vous avez eu làaaa ! Vous l'avez eu *gasp* quand ?"


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#18 10-03-2018 16:53:14

Celedir
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

Pour quelqu'un qui voulait passer inaperçu l'échec était total, tous les regards étaient tourné vers eux lorsqu’ils entrèrent dans l'auberge.
Alors qu'il allait s'installé un jeune garçon couru vers Cyana puis se posta devant le Comte

"T'es qui, toi ? Moi ch'uis son chevalier ayors prends garde à c'que t'y fais !"

Le garçon ne manquait pas d'audace, son attitude fit sourire Celedir qui s'accroupi devant lui.
- Messire, permettez moi de vous remettre cette gente dame à votre garde. Si vous êtes d'accord je souhaiterais m'entretenir avec elle et votre chef de troupe.
Si vous êtes son chevalier protecteur prenez place avec nous.

Il fut interrompu dans son "jeu" avec l'enfant par se qui semblait être un ivrogne. Perdant son air amusé Celedir se redressa et se posta devant l'homme.
-J’espère que tu nous interromps par une bonne raison ! L'odeur d'alcool émanant de toi ne joue pas en ta faveur mais je te laisse le bénéfice du doute.


 Blason
Comte Celedir Dolasien, Maître de la Citadelle des Indépendantistes

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#19 31-03-2018 12:20:16

Joss le Forban
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

La réponse du comte était bien sévère, alors qu'il n'y avait pas à dire, sa question partait d'un bon sentiment. Le sieur Celedir se relevait face à l'homme qui l'avait abordé.

Au moment où il se mit à parler, il y eut cette impression que les effets de l'alcool avaient disparus, même si ce n'était pas vrai puisqu'ils étaient juste diminués.

" - Non puisque je vous cherchais cher comte !"

Mais il se fit tirer par le bras vers l'arrière empêchant la discussion de se poursuivre. Son proche collègue le tenait à l'écart et lui tendait un message. Ce dernier provenait du sieur Gordion mais le contenu de la missive ne parlait point d'affaires marchandes. Il y était question d'un sujet de plus haute importance.
Mais il ne pouvait pas s'y attarder davantage, et ses idées n'étaient pas forcément des plus claires. Il l'a fourra dans son manteau.


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#20 22-05-2018 20:37:45

Cyane
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Re : Caspellis - Auberge des deux horizons

_Son chevanier protec... Euh. Ouais ! Voilà c'est ça c'est ce que je suis. Pas vrai Cyane ??

Le garçonnet se retourna vers l'adolescente derrière qui, visiblement rassurée par la réaction de Celedir le souleva de terre séance tenante pour le caler sur ses genoux. Souriant au comte elle approuva les dires du petit d'un vigoureux hochement de tête avant de l'envelopper de ses bras fins et ses cheveux d'or répandirent le plus brillant des voiles sur la frimousse de l'enfant qui se mit à rire, chatouillé. Quelques instants de bonheur passèrent, tableau charmant de ce qui aurait pu être un frère et une soeur insouciants.

_Tu sais monsieur, t'auras du mal à lui parler. Cyane elle parle jamais. A personne, même pas à moi ni à Harod.

Il se tourna pour désigner du menton le géant blond, surveillant la scène l'air de rien.
Soudain le petit sursauta.

_Mais, Cyane... Tu saignes !

Il échappa à ses bras avant qu'elle n'ait pu réagir et changea de position sur ses genoux, se tenant à présent à califourchon face à elle. Ses bras courts se tendirent vers la lèvre éclatée de la jeune blonde, osant à peine la toucher de peur de lui faire mal. Son petit visage refléta un moment la stupeur avant de se mettre à grimacer de colère.

_Qui t'a fait ça ??

Elle tenta de détourner le visage pour le soustraire à la vue de sa blessure mais il tenait bon et refusait de laisser tomber. Elle tourna un regard implorant vers Celedir, faisant "non" de la tête comme pour lui demander de ne rien dire de ce qui venait de se produire.

Dernière modification par Cyane (16-01-2019 20:33:18)


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