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Communauté de Terre Noire

#1 18-10-2017 17:02:41

Helene de Boemauth
PNJ
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[Terminé] Un vide abyssale

Cela faisait des heures que les gens du palais s'agitaient dans tous sens. Le chaos semblait total, mais pourtant, chacun savait ce qu'il avait à faire. Tout d'abord la soldatesque qui sondait le moindre recoin, fermait le moindre accès. Des corps avaient été retrouvés. Les assassins n'en étaient pas sortit indemne. Les corps avaient été transférés à l'abri et sous bonne garde.
Puis venaient, les servants, les palefreniers qui de l'un qui de l'autre s'acharnaient  à l'ouvrage. Il fallait se tenir prêt, tout le monde ici l'avais compris.
Et enfin les gens de médecine qui s'efforçaient à penser les plaies de Dame Hélène. Il avait fallu batailler pour que ces dernières cessent de couler. Mais la dame était sauve. Toujours perdu dans les vapeurs de l'entre-monde, son cœur battait désormais raisonnablement, sa respiration se faisait plus lente. Dame Hélène avait beau être vautrée dans des linges maculés de sang, elle n'en gardait pas moins cette ère digne et sévère.
A quoi pensait-elle dans son demi sommeil ? Qui pourrait le dire...

Un vieil homme épanché sur elle, se redressa en soupirant. Se tournant vers un jeune serviteur.

-Faites prévenir le capitaine que tout va bien de notre cotés, Dame Hélène est sauve... Faites partir immédiatement un coursier pour Boemauth, nostre Dame va se retrouver très seule rapidement...


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#2 30-10-2017 20:45:08

Helene de Boemauth
PNJ
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Re : [Terminé] Un vide abyssale

Autour de la couche sanglante de leur Dame, les gens de médecine s'agitaient, les servants essuyaient les sols sanguinolents, les demoiselles de compagnies sanglotaient avec une conviction toute relative. Plusieurs heures étaient passées depuis le crime de lèse-majesté. Le sentiment le plus partagé dans cette antre du pouvoir temporelle, était l'incompréhension, le désœuvrement.

Tout d'abord, il y eu comme une sorte de gargouillis, un râle provenant de cette gorge encombrée, puis, les mots portés par une voix rauque, sans émotions, mais néanmoins impérieuse.

-Quand est-il de noster seigneur ?

Personne n'osant répondre...

-N'est-il pas concevable que l'un de vous puisse répondre à cette simple question !

Si une sorte de bruissement de messe basse remplie tout à coup la pièce, aucune réponse ne vint toutefois. 

La Dame de Boemauth tenta de se redresser sur sa couche, par colère, mais chut aussi vite sur les draps imbibés en toussant, régurgitant un mélange de bile et de sang.

Plus calmement elle reprit, et laissant rouler sa tête de coté, les yeux s'embuant, elle dit fébrilement.

-Mon époux est-il mort ?

Un valet se décida à répondre. Alors qu'il s'approchait de sa Dame, les autres spectateurs de la scène le toisaient d'un regard méprisant. Pourtant, ce simple servant semblait plus touché que tous ces pourpoints d'or et de nacre, plus désintéressé par la bienséance des importants que par la détresse d'une femme, dont à l'instant il se fichait de savoir qu'elle fut noble ou bougresse.
Il s'adressa à elle d'une voix chaude.

-Mme, oy votre époux n'est plus...

L'assemblée reteint son souffle. Dame Hélène laissa une perle dévaler son visage, des cils au menton, avant de prendre une profonde inspiration et de se redresser a nouveau, plus lentement contre ses oreillers.

- Voilà homme qui mérite bien plus de titre que vous même, dit-elle méprisant l'assemblée sans laisser sa colère gronder. Elle fit signe à un copiste tapis dans l'ombre. Le pucelet s'approcha. Alors faut-il que je demande à chaque fois ou allez vous vous décider à m'informer de la situation de Caspellis, et de l'état ?

Certains se décidèrent enfin à entourer la Dame, n'oubliant par pour le coup d'écarter le valet présomptueux dédaigneusement.

-Madame, se risqua un argentier du palais. Que voulez vous savoir ?

-Au nom de tout les diables êtes vous simple d'esprit ! vociféra-t-elle provoquant une vague de recule autour d'elle. Le régent est mort ! Le palais est-il attaqué ?!

-Non madame.

Elle se calma d'un seul coup, quittant son masque de fureur à la faveur d'un presque sourire.

- Tiens donc, ne trouvez vous pas cela étonnant ? Tant d'ennemis et aucune lances ... Ce ne sont bien que des pleutres, des barons, des chiens avide de hurler leur colère devant la populace mais désœuvrés lorsque le maitre n'est plus... Apportez moi de l'eau!

La Dame de Boemauth paraissait bien étrange à son auditoire. Passant de la colère au murmure si aléatoirement qu'il fallait peut-être comprendre qu'elle même restait troublée.

-Quand est-il de l'Agora ? Les citadelles s'affrontent-elles, se dispute-t-elles le pouvoir comme une meute autour d'un chiffon ?

Un nouvel intervenant s'approcha.

-Non Madame, j'en viens. Si il y a joutes en effet, il semblerait que rien ne sortira de cette assemblée. Chacun est dans son rôle mais aucun à la hauteur de la situation.

-Madame
reprit un homme décoré des honneurs de la guerre. Le palais n'est point menacé, mais plusieurs choses sont à dire à cette heure. La première c'est que la garde de Caspellis tient les murs. La seconde c'est que les Anges n'ont point tardé à pénétrer dans la ville au prétexte que l'ordre devait être maintenu...

-Il est attendu que la citadelle de fe mon époux soit des premières à accourir...

-Madame il faudrait pour cela être certains que c'est bien là l'enjeu de leur venu...

-Oseriez vous douter de l'Armée des Anges ?

-En un sens non madame, pourtant, les temps à venir s'annoncent tourmenté. J'ai livré un nombre de batailles importante avec sieur votre mari, tout cela aux cotés des Anges. Mais madame, tous n'auront pas le talent de votre époux, tous ne sont pas aussi vertueux.

-Il est étrange qu'un homme ayant tenu le bouclier de la phalange doute ensuite de ses frères. Mais je ne peux pas douter du fait que de grand bouleversement s'annoncent.   

-Madame nous avons fait venir un fort équipage qui vous assurera l'accés à votre Duché.

-Mon Duché ? Oui certainement.

-Si les lances ne sont pas dressées ce n'est peut-être du qu'au choc de la situation. Mieux vaut vous protéger de vos ennemis. Vous êtes seule madame. Peut-être serez vous trahie promptement et ici même.

Un bruissement outré parcouru la salle comme une vague, un ressac.

-Mon époux à peine froid, vous souhaiteriez que je m'en aille ? Sans élucider le mystère de sa mort, sans même l'enterrer ? Pensez vous qu'il ne mérite pas honneur pour son œuvre ?

L'assemblée, gênée, ne préféra pas répondre à ces dires.

S'adressant au valet, la dame de Boemauth poursuivit.

-Toi, le brave, j'ai ouïe dire que l'inquisiteur Fulmaro est à Caspellis, va le quérir sur l'heure.

On entendit que le claquement d'une porte se refermer sur son passage.

-Madame, reprit le militaire, je ne comprend pas l'objet de ceci ?

-Nous n'avons pas été à la même école. Je ne sais brandir l'épée, mais j'ai d'autre armes, celle de l'esprit de mon mari. Aucune armée ne nous protègera plus désormais, que dieu le fasse ! Il garde dette envers ma maison ! Faites prévenir mon fils et dites lui de se garder de toutes passions pour l'heure. Qu'il tienne nos terres.


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#3 31-10-2017 20:24:35

Andréas Fulmaro
Inquisiteur
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Re : [Terminé] Un vide abyssale

C'était là une chose suffisamment étonnante pour que tout s'arrête. Plus un souffle ne s'échappait du palais depuis que une demie heure auparavant un cortège de prélats, de moinillons, d'ecclésiastes avaient franchit les portes principales.
Lorsque l'inquisiteur Andréas Fulmaro était descendu de sa litière tous, quelques soit leur titre, avaient pliés le genoux. Puis il avait disparu derrière les velours des appartements de la Régence...


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#4 04-11-2017 18:47:35

Helene de Boemauth
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Re : [Terminé] Un vide abyssale

6 heures après l'assassinat du Régent.

...mais c'est ainsi votre votre seigneurie...

Dame Hélène avait été installée dans un fauteuil matelassé, plus approprié pour la situation.
Le père Fulmaro lui faisait face. Son visage, sévère, cireux, ne dévoilait rien de son humeur. Il était le silence,
son aura était d'une sérénité incroyable, même son souffle semblait absent. Mais ses yeux... ses yeux étaient tels deux pierre d'onyx dégageant au-delà de leurs noirceurs des reflets inquiétant.

-Dame Hélene, si je peux connaître les desseins du père de toute chose, je ne puis en revanche parler au nom de son église. Sachez que nous sommes à jamais respectueux de votre maison qui toujours à gardé la foi, à défendu nos lieux saints...

L'inquisiteur parlait lentement d'une voix grave et caverneuse.

-Inquisiteur Fulmaro, je connais les discours et la place des mots. C'est par un respect en votre personne que je suis amenée à faire cette requète , ne m'honorez pas de tant de précautions...

Les lèvres de l'inquisiteur se pincèrent imperceptiblement.

-Ma maison, honore Navas, mon fief, mon comté, même le Duché a proclamé la souveraineté des Navasséens sur le royaume de l'âme...
Je connais l'église, mais en Jad c'est Navas lui même que nous prions...

Fulmaro, se levant lentement répondit à Dame Hélène.

-Je célébrerais les funérailles.

-Soyez baigné de lumière.

-Je suis appelé à nombre d'urgence, permettez que je me retire.

Alors qu'il se dirigeait vers la porte.

-Quand est-il de ma requête ?

L'inquisiteur s'arrêta et sur le rythme qui était le sien répondit une dernière fois.

-Nous ne sommes qu'une bien petite chose, mais oui nous parlerons au roi.


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