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Communauté de Terre Noire

#1 23-01-2019 20:59:08

Kaolane
Nouveau sur TN
Inscription : 21-01-2019
Messages : 2

Du constat que ceux qui apprennent trop oublient les façons de vivre.

Kaolane erra un moment sur les cotes, elle ne connaissait rien de plus que ce qu'elle avait appris dans les livres. Protégée comme elle l'avait toujours été, il ne lui avait pas parut important de vraiment se renseigner sur la destination de leur exil, seule les plantes locales lui avait paru à connaitre. La politique et le reste ? A peine connaissait-elle l'Histoire de Terre-Noire dans ses grandes lignes, ces précepteurs lui assurant que les mires n'avaient pas besoin de s'occuper de politique ou de commerce.

Comment aurais-je pu deviner une chose pareille ? Comment aurais-je pu imaginer ça ?

Elle essuya les larmes naissantes aux coins de ses yeux, se morigénant et se rappelant de faire de cette douleur et de toutes ses frustrations, une force pour continuer d'avancer à travers la pluie et les fourrés humides. Au moins, depuis qu'elle avait rejoint le couvert des arbres, le vent était atténué même si de glaciales bourraques s'infiltraient parfois parmi les troncs, la laissant transie. De vagues souvenirs de son enfances avant que le Second et Troisième mire ne la trouvent dans cette ruelle sombre remontait par intermittence alors qu'elle ne se souvenait plus avoir pareillement claquée des dents depuis cette époque.

Je ne veux plus voir cette maudite étendus d'eau sournoise

C'était à peut près la seule chose dont elle était sûr alors qu'elle continuait de marcher. Elle avait arraché le bas des ses robes pour mieux enrouler le tissus autour de ses membre et garder un tant sois peu de chaleur.

Si seulement j'avais quelques onguents magique protégeant du froid, serra-t-elle les dents avant d'ironiquement continuer : Il aurait fallut que je sois capable de chasser le dragon pour cela et, par dessus tout, que ça existe !

Kaolane accéléra en fulminant, priant tout de même pour tomber sur un village au plus tôt. Et pas sur des brigands. Ou des loups.
Y'avait-il des loups en Terre Noire ?

Non, non, non Kaolane, ne commence pas à te faire peur comme ça, c'est pas vraiment le moment ou même l'endroit de se rouler en boule et de sucer son pouce ! Ça serait contre productif !

Mais son esprit n'était ni habitué à la peur ni à la solitude et l'angoisse montais aussi surement qu'elle allait finir folle... ou peut-être mourrait-elle d'hypothermie avant. Elle n'était clairement pas capable d'être optimiste. Entre le naufrage et cette randonné forcée en terre inconnue, elle ne pouvait pas l'être ou alors, c'est qu'elle avait été folle avant même ces événements !


-_-_-_-


La mort, elle l'avait souvent vu. C'était une rivale ou une fervente alliée des mires selon les situations mais jamais la faux ne s'était autant approchée de sa propre gorge.

A vrais dire, elle ne savait même pas expliquer comment elle n'avait pas encore succombé à l'hypothermie mais si elle ne croisait pas âme qui vive bientôt, elle deviendrait bientôt une carcasse pour les charognards. Charognards qu'elle avait entre aperçu sans savoir ce que ça pouvait bien être et qu'elle espérait n'être qu'une illusion de son esprit chancelant.

Elle cligna des yeux stupéfaite que le sol s'invite dans son champ de vision avant de comprendre qu'elle avait chuté. Et durement. Seul le froid profondément ancré dans ses muscles endoloris la préservait de la douleur, ce qui n'était, en soi, pas de bon augure.
Ce qui était plus positif dans cette situation désastreuse, c'est que les ruines du muret dans lequel elle venait de se prendre les pieds trahissaient une présence humaine. Et récente en plus, puisque les pierres en tas quelques pas plus loin trahissaient qu'il était en construction.
Épuisée et terrassée par un traître soulagement, elle perdit conscience.



Kaolane ouvrit les yeux et les plissa se demandant ce que cette stupide chèvre faisait là. L'animal devait à peut prêt se poser la même question étant donné qu'il la guettait prêt à fuir... ou à charger peut-être. Rien n'était totalement acquis avec les bêtes surtout celle de ferme. Ça la perturbait de ne pas savoir si ce qui clochait était la stupidité visible dans les yeux de cette chèvre ou si c'était autre chose que les brumes du sommeil l'empêchais de comprendre. Elle se retourna dans la paille...

Paille?!

Et se redressa telle une vipère, constatant que non seulement, le froid n'avais pas eut raison d'elle mais qu'elle se trouvait dans ce qui ressemblait être une pièce à mis chemin entre une étable et une pièce à vivre. Elle avait déjà officié dans des hameaux ruraux sur le continent mais il lui fallut un peu de temps pour se souvenir que ces gens n'hésitaient pas à vivre avec leurs bêtes. Pour ce protéger du froid aussi bien que de s'épargner la prédation des bêtes sauvages et des voleurs.

_ Enfin réveillée ! Vous allez pouvoir dire ce que fait une jeune fille comme vous étendu en forêt !

Kaolane dévisagea la femme qui venait de rentrer et lui souriait avec une certaine méfiance, chose normal quand on ramassait une personne à l'article de la mort dans un endroit ou vous deviez rarement avoir de la visite. Et quelle femme ! Bien plus trapue que ne l'était les bourgeois ou mais plus délicate que les paysanne travaillant dans les champs, la miresse n'aurais pas su deviner son métier. Surement n'en avait-elle pas vu, le dispensaire de sa guilde ayant été entouré de plaines agricoles et non pas de terre vallonnées et forestières.

Les yeux noisettes finirent par se stopper sur la main bandée à avec les moyens du bord et, mut par ses habitudes, elle se leva pour examiner la plaie. Mais la femme recula avec méfiance prenant un ton bien moins neutre :

_ Vous avez pas répondu.

La jeune fille fut d'abord surprise, peu habitué à se qu'on ne la reconnaisse pas mais ses yeux s'assombrir se remplissant de larme qu'elle ravala en se souvenant qu'elle était ici juste une inconnue parmi d'autre, une naufragée perdue et sans le sous, sans plus que des fantômes qui l'accompagnait.

Elle inspira ravalant sa douleur et remettant son deuil à plus tard :

_ Je comprends vos craintes mais le seul mal que je voudrais à ma bienfaitrice, c'est de le soigner. Permettez-moi d'alléger ma dette en soignant votre main.

La brune l'observa incrédule mais l'examen qu'elle mena sur la silhouette de la rousse sembla lui permettre de ne pas catégoriser ce qu'elle venait d'entendre comme un mensonge éhonté. En même temps, le corps mince, bien loin des travailleurs du peuple et cette façon de s'exprimer ne laissait aucun doute, ça n'avait rien de commun avec celui d'une malicieuse qui arpentait les parages cherchant une proie à escroquer ou a voler. Mais elle n'était pas encore rassurée et il n'était pas difficile de deviner qu'elle redoutait de se mettre en faux face à son seigneurs'il s'agissait là d'une noble en fuite.

_ Une miresse perdu dans nos forêt ? Comment ça se fait ? Vous êtes pas abîmée, c'est pas les brigands...

Kaolane ne pouvait se permettre que la femme ne la chasse et décida de dire la vérité :

_ Je viens du continent mais la mer a décidé que notre voyage ne devait pas arriver à son terme, elle a fauché notre navire alors que nous voyions les côtes.
_ Et longer la place jusqu'au port, ça vous est pas passez par la caboche ?
_ La vue de cette meurtrière m'était intolérable, la douleur ne m'aidais pas à être rationnelle...
_ Alors vous avez couru à la mort,
soupira-t-elle avant d'ajouter avec une certaine réprobation, les gents qui apprennent trop oublient comment survivre.

Kaolane attendit le verdict de son hôte qui finit par lui sourire.

_ Si vous voulez vraiment aider, Miresse, suivez-moi.

Elle lui lança une couverture de laine grossière dont l'odeur fit plisser le nez de la rousse qui s'enroula tout de même dedans avant de lui emboîter le pas dans le froid humide.
Elles avaient marché deux heures avant d'entrer dans une autre masure de bois, les annonçant d'un ton plein d'espoir :

_ Elle dit être miresse et m'en doit une !

Le gendre de cette éleveuse de chèvre fut le premier patient de Kaolane sur la Terre Noire et lui permis d'obtenir la gratitude qui lui assura gîte et couvert jusqu'à l'époque d'un temps plus clément. Bien sur, les gens du peuple étant au moins aussi bavard que ceux de la noblesse, il ne fallut pas bien longtemps pour que la rumeur ne se répande. Elle commença alors à voyager de maison en maison, seules les sollicitations guidant son itinéraire dans le compté de la Terre de l'Horizon dont elle découvrait l'histoire et les paysages.

Mais rapidement, il apparu qu'après une vie d'étude, elle était bien loin d'avoir un corps fait pour le voyage.

Lorsqu'un vieillard lui offrit sa maison pour ne pas l'avoir laissé expirer dans la solitude elle s'installa, chargeant les voisins de faire savoir qu'elle s'installait ici. Attirée par les soins dont avait besoin leur aîné, une première famille s'installa non loin de la maison de la Miresse. Puis une autre n'avait pas eut le cœur de laisser la tombe de leur mère et de leur sœur n'ayant pas survécu à l'accouchement. Puis d'autres encore parce que les marchands sillonnant les environs passait toujours dans cette ébauche de Hameau qu'il avait d'abord moqueusement surnommée Bourg-Lin car c'était la plus grande concentration de population de ce vallon et qu'ils étaient sur de trouver ici un acheteur pour pour le peu de Lin qu'ils réussissaient à obtenir.
Les gens avaient repris le sobriquet alors que le hameau s'étoffait doucement et il fut déformé en Bourglin après qu'une des premières familles installés n'ait l'idée d'ouvrit ce qui deviendrait la taverne du village.

Et tous prêtaient attention à l'avis de la Miresse, la traitant naturellement comme leur Dame.

_ Vous avez l'air bien préoccupé Maître Kaolane.

Les yeux noisette quittèrent l'agitation du marché qui s'était improvisé depuis un moment à quelques pas de sa maison qui, à force de payement en nature, n'avait plus rien avoir avec la masure délabrée dont elle avait hérité quelques années auparavant. En vérité, elle avait plus l'allure d'une honnête maison de Bourg et elle savait que la grande bâtisse en construction, que tous disait être le futur Pigeonnier, tiendrais en réalité lieu d'un véritable dispensaire. Attention qui permettrait à leur Dame d'avoir un lieu où accueillir les malades autre que dans sa propre demeure. Difficile de l'ignorer quand la décision, à vrais dire, quand avait été prise sous sa propre fenêtre... Mais elle jouait le jeu, amusée et touchée par ces gens qu'elle avait finalement mené ici.

Son regard se posât sur la fillette de sept ans qu'elle avait pris sous son aile après la mort de sa mère. Étonnement, elle s'était révélée d'une rare intelligence et la Miresse, rongée par la solitude et bien trop consciente d'être la dernière dépositaire du savoir de sa guilde disparue, l'avait prise pour apprentie. Eponine était jusque là en train de faire la lecture à voix haute d'un manuel que Kaolane avait elle même écrit afin de permettre à son élève de pouvoir travailler seule et qui lui servait aujourd'hui de test pour savoir ou la petite en était dans son apprentissage de la lecture, quand la question avait été posée.

Kaolane soupira, l'enfant commençait à bien la connaitre.

_ Et bien, curieuse, un barde est pour la première fois ici.
_ Vous n'appréciez pas les chants ?
_ Plus que la musique, ma chère, un barde apporte surtout les nouvelles.
_ Elles ne sont pas bonnes ?
_ Je me suis surtout rendus compte que je n'avais jamais eu la politesse de me faire connaitre aux seigneurs de ces terres...
_ Il n'est parfois pas trop tard, c'est ce que vous me dites souvent Maitre.
_ Il est vrais,
sourie Kaolane alors que son regard se posait à nouveau sur le marché attiré par les enfants qui braillaient plus que de coutume. Eponine, quel est ce marchand qui viens de s'installer sur la place ?
_ Vous ne connaissez pas les spectacles de marionnettes ?

Kaolane avait appris à ne pas s'offusquer des visages absolument ahurie par ses ignorances, ça arrivait bien trop souvent pour qu'elle ne s'en formalise et puis, ce n'était pas sa faute, si elle ne connaissait pas grand choses en dehors de ce que qui été nécessaire à la voie des Mires.

_ Oh Eponine, allons-y !

La fillette rie, tentant de suivre son maître ayant déjà traversé la moitié de la pièce, ressemblant à s'y méprendre à ces enfants qu'elle avait vu se précipité depuis sa fenêtre.

Plus tard, Kaolane fut de nouveau assaillit par la peur et l'indécision concernant la marche à suivre pour réparer cette erreur. Ne sachant à qui faire appelle et consciente de ses pauvres connaissances en politique, elle décida de voir si le barde pouvait être de bons conseilles ou une chanson traitant d'un cas pareille. Celui-ci ne mit pas longtemps à finir son récit flatté que celle que tous considéré comme leur Dame lui fasse l'honneur de venir chercher conseille.

Après avoirs platement expliqué la situation sans même chercher à se mettre hors de porté du moindre client de la taverne qui s'était d'ailleurs tue en voyant l'inquiétude de leur bienfaitrice, elle lui demanda en toute honnêteté :

_ Selon vous que feriez-vous ? Devrais-je écrire une missive aux suzerains relatant notre histoire ? Peut-être dois-je attendre que la rumeur ne les attire et qu'ils viennent eux même quérir un éclaircissement sur cette situation incongrue ? Dois-je allez les rencontrer ? Je ne voudrais pas que Bourglin subisse mes erreurs surtout que ce n'était pas à dessein... Je suis consciente de n'avoir aucun droit ni sur ces terres ni sur ces gens, je n'ai pas non plus le sang de prétendre à les réclamer ou même les compétences. Pouvez-vous me conseiller ?

Soudain une idée fleurit en se souvenant des longues discutions qu'ils y avaient parfois eut avec le Maître Mire pour l'aider à prendre une décision importante, tout le monde, même les serviteurs de la guilde étaient convié car les clés d'une réponse était parfois détenu par quelqu'un d'insoupçonné. Kaolane se leva s'adressant à la taverne entière :

_ Et vous? Auriez-vous une idée ?

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