Nous sommes en l'an de grâce :
976

Vous n'êtes pas identifié(e).

Communauté de Terre Noire

#1 12-10-2017 14:08:58

Kraghen
RPiste
Inscription : 01-10-2017
Messages : 42

Pendant ce temps, à Kraghenroc...

Depuis que sa jambe droite s'était brisée, ensevelie sous les décombres de la porte du Tyran, Grégoire n'appreciait guère sortir du confort pavé de la cité, mais il semblait que son nouveau seigneur n'était heureux qu'au milieu des champs.

L'intendant général pouvait comprendre que l'attention qu'il portait notamment aux vignobles lui permettait d'échapper au poids de ses obligations, mais des affaires d'État restaient en attente, et les missives s'accumulaient...

Arrivant à hauteur de son jeune seigneur, il se racla la gorge afin de signaler sa présence.

..." Monseigneur, il semble que nombre de seigneurs soient déjà arrivés en Caspellis, et plusieurs dossiers d'importance requierent votre attention"

Kraghen releva la tête et avisa le regard sévère de l'intendant. Ce petit homme avait servi son père, sa mère avant lui, et même le seigneur Kraghen, premier du nom. Il n'allait pas s'en laissé compter par un jeune seigneur qui, il fallait l'admettre, s'était quelque peu laissé aller ces derniers temps...

" Très bien, faites préparer l'équipage, nous partirons demain, et vous m'expliquerez toutes ces affaires d'État lors du trajet"

"En réalité monseigneur, il ne vous est plus nécessaire de vous rendre en Caspellis..." devant l'incompréhension de son seigneur, Grégoire s'empressa d'ajouter : " Votre mère est partie ce matin vous représenter..."

" Quoi?! Mais je suis..." Kraghen s'interrompit, inutile d'argumenter avec le pauvre Grégoire ; si la révérende mère de la Sororité décidait de quelque chose... même lui n'aurait pu s'y opposer, au mieux le fils aurait pu attendrir la mère, et encore, rien n'était moins sûr.

Après réflexion, il se dit que c'était peut être mieux ainsi, après tout elle connaissait nombre de ces seigneurs, et ses capacités en diplomatie n'étaient plus à démontrer.

Puis, quelques secondes plus tard, le jeune homme se releva d'un bond : " Bien, allons régler ces affaires d'État..."

Le domaine avait intérêt à être en ordre au retour de dame Yigalda s'il voulait éviter une discussion fort moins diplomatique avec l'autorité morale de la cité, se disait Kraghen en se dirigeant d'un pas pressé vers la cité, Grégoire claudiquant tant bien que mal à sa suite...

Dernière modification par Kraghen (12-10-2017 15:52:53)

Hors ligne

#2 13-10-2017 03:49:28

Kraghen
RPiste
Inscription : 01-10-2017
Messages : 42

Re : Pendant ce temps, à Kraghenroc...

Cela faisait deux jours que Kraghen s'évertuait à répondre à toutes les injonctions en attente qui s'étaient accumulées, des chamailleries de voisinage au requêtes seigneuriales.

Il se sentait mal à l'aise en pensant à la missive ducale posée sur l'étagère... sa mère lui avait laissé un mot lui demandant de ne point s'en charger, elle allait rencontrer le seigneur Archos et l'aviser de la situation en personne.

Encore une fois, sa mère le couvrait, et cela n'allait pas aider à légitimer son autorité, déjà limitée. Les gens l'aimaient, il était simple et ne s'encombrait pas de circonvolutions démesurées, malgré son éducation classique ; il se mêlait aisément à son peuple et connaissait les noms de chaque édile de quartier, et tous le respectaient... Mais l'ombre de sa mère semblait toujours flotter derrière lui, tel un vaisseau d'escorte, rassurant et bienveillant, mais à la fois encombrant, sur une mer incertaine...

Kraghen prenait enfin conscience de l'intérêt de tout ces conseils donnés, à l'air péremptoires et bien souvent hors de propos, par ses parents et ses instructeurs.
Il se rappelait soeur Artiga, dans sa jeune enfance, qui lui assénait ses leçons qui semblerait aujourd'hui d'un autre âge... Et elles l'étaient, incontestablement, mais cette vieille femme aigrie fût ce qu'il considérait comme une grand-mère, et bien que tous prenaient grand soin d'éviter son humeur massacrante, elle s'était toujours avérée douce et protectrice envers celui qu'elle considérait comme l'"Héritier". La mère de Kraghen s'en était d'ailleurs toujours amusée, en prenant bien soin de n'en rien laisser paraître devant soeur Artiga.

Aujourd'hui, débordé par l'ampleur de sa tâche, ces conseils, ces leçons, revenaient à propos accompagner son initiation à la lourde tâche d'un seigneur de domaine.

Il parvenait enfin à sortir la tête de l'eau quand Mesirya, la fille du pigeonnier (enfin, la fille du maître pigeonnier) entra en gambadant dans son bureau...

"Kraghy, kraghy... un message de mamie smile "

Grégoire, à proximité, leva les yeux aux ciel, excédé que le peuple s'adresse ainsi à son seigneur ; Kraghen, amusé, remercia l'enfant et évita soigneusement d'orienter son regard vers le vieil intendant.

Après lecture de la missive, son visage s'assombrit. Le voyant, Grégoire ravala les reproches qu'il avait à l'esprit et s'assura de la teneur du message:
"Monseigneur?"
"La capitale est bouclée semble-t'il... Mère est en sécurité, mais les rumeurs semblent dire que dire que le régent ait été assassiné."
relisant la missive succinte qui lui était adressée, Kraghen se remémora ses séances de codage... "Mère pense que cela n'est que stratégie, mais elle nous enjoint de nous préparer, une escalade n'est pas à exclure et la guerre pourrait en découler."

Grégoire s'assit lourdement sur le siège pourtant mal adapté à son handicap qui trônait dans un coin de la pièce. Après un rictus dû à la douleur qui parcourait sa jambe, il se reprit, l'air désespéré ; la situation était grave...
"Nous ne sommes pas prêts"

"Nous l'avons toujours été" répondit aussitôt le jeune seigneur d'une voix assurée." Je ne suis certes pas aussi sage que que le seigneur Kraghen, ni aussi habile que ma mère, mais si il y a un endroit où je sais pouvoir faire mes preuves, c'est sur le champs de bataille, de cela mon père s'en est assuré."

"Mais nos troupes..." se lamenta le vieil intendant.

"Seront prêtes." répliqua le jeune homme.

Se rappelant ses longues années de services, les guerres, les désastres et les victoires traversées, Grégoire regarda attentivement le jeune Kraghen. Désinvolte certes, mais sage néanmoins à n'en pas douter, habile à sa manière ; direct et sans détour, toujours attentif, le peuple l'appréciait, et en temps de guerre cela prenait une importance vitale. Quant à l'honneur, le courage et la vision stratégique qui ferait de lui un chef de guerre, son père s'était assuré de lui en apporter le meilleur enseignement.

Mais la réalité malheureusement rattrapait souvent les grandes idées, aussi Grégoire rassembla ses idées et tenta d'envisager toutes les solutions afin de s'assurer que ses services de renseignement et d'infiltration, en sommeil depuis longtemps, se réactivent doucement, sans attirer l'attention des seigneurs concernés...

Hors ligne

Pied de page des forums